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Châtel dans Histoire Passion

Chatel Aillon

« Chatel Aillon était autrefois la principale Ville du pays d’Aulnis. D’anciens Procès-verbaux nous la représentent comme une Place forte, entourée de remparts revêtus de maçonnerie, flanqués de tours & environnés de fossés profonds. Le Havre de cette Ville était de grand abord. Les Navigateurs qui passaient auprès, devaient mettre pavillon bas ; & l’on punissait l’omission de cette cérémonie par une peine pécuniaire. Châtelaillon n’est plus qu’un vain nom aujourd’hui, car le Village de ce nom est fort petit, & ne se trouve pas dans l’emplacement de l’ancienne Ville que la mer a engloutie : elle subsistait encore par ses débris au commencement de ce siècle [NDLR : au début du XVIIIe siècle.] ; mais l’Océan qui fut si fort agité par les tempêtes durant le rude hiver de 1709, lui enleva ses ruines même.

Les anciens titres donnent à Châtelaillon le nom de Castellum Alloni, Alonis, de Castrum Allioins, Castrum Allionense, & quelquefois de Castrum Juilii. Quelques-uns, selon Maichin, croient que le nom Julii ajouté à Castrum, est un nom corrompu, & qu’il faut lire Castrum Aquila, parce que c’était autrefois le lieu où l’on mettait les aigles & les enseignes Romaines.

Le nom Julii, qui retrace le souvenir du plus grand Capitaine de la République Romaine, a fait croire à cet Auteur que Jules-César était le fondateur de Châtelaillon, & que les Romains entretenaient une garnison dans cette Place. Il est étonnant que le docte M. Begon ait adopté comme un fait certain, une conjecture improbable. Les fastes du célèbre Vainqueur des Gaules ne nous apprennent rien de Castrum Julii, aujourd’hui Châtelaillon ; & l’on chercherait en vain son nom dans les anciens Recueils géographiques.

Dans une notice de l’Empire, on trouve parmi les Cités de chaque Province, les lieux désignés par le mot Castrum. Si Châtelaillon avait eu cette dénomination, il tiendrait sa place dans cette notice, avec les Cités de la seconde Aquitaine ; & toutefois dans l’énumération des Cités de cette Province, il n’est fait mention d’aucun Castrum.

S’il y avait eu un camp fortifié sur les côtes de l’Océan, dans le pays des Saintongeois, sans doute César l’aurait établi, ou quelques-uns de ses Lieutenants : or il ne paraît pas qu’il soit venu en Saintonge, ni que les Légions Romaines y aient été mises de son temps en garnison. Maître des Gaules, César distribua des troupes dans la vaste étendue de sa conquête, afin de contenir les nouveaux sujets de la République. Les quartiers & les lieux de cantonnement sont désignés ; mais il n’est fait nulle mention du pays Saintongeois.

Jules César ayant retiré des Gaules les Légions Romaines, pour commencer la guerre civile, les Saintongeois, dit Lucain, furent bien aises de l’éloignement de ces étrangers, gaudetque amoto Santonus hoste. Il ne faut pas conclure de-là qu’il y eût des Légions en garnison dans leur pays. On doit entendre ce passage, des deux Légions qui étaient dans la Touraine, & de deux autres qui résidaient dans le Limousin, limitrophe de la Saintonge,

Suivant l’établissement  fait par Auguste, établissement qui se maintint jusqu’au règne de Constantin,  il n’y avait dans les Gaules que deux Provinces armées, c’est-à-dire , où l’on entretînt un corps de troupes réglées ; & ces Provinces étaient la Germanique supérieure & la Germanique inférieure. Il est donc faux qu’il y eût en Saintonge & à Châtelaillon des troupes toujours subsistantes, & que les aigles Romaines y fussent gardées.

Ce n’est pas que la lisière de la Gaule occidentale fut absolument dénuée de gens de guerre ; mais ces Soldats ne composaient pas ces Légions qui étaient toujours sous les drapeaux, & qui se tenaient cantonnées dans une Place d’armes. La frontière maritime était protégée par une milice domiciliée sur la frontière même, & par des indigènes ou naturels du pays, lesquels vivaient dans leurs foyers particuliers, tels que nos Garde-côtes, & se rassemblaient au premier signal. Ils sont connus dans l’Histoire, sous le nom de Milites limitanei & riparenses.

Dira-t-on qu’Auguste successeur de César, aura fondé le Castrum Julii après avoir subjugué l’Aquitaine, dont il recula les limites jusqu’aux bords de la Loire. Mais cette expédition militaire entreprise sous ses auspices, fut poussée en son absence & terminée sans lui. Le Poète Tibulle, qui était à la suite de Messala, en attribue la gloire à ce Général, qui reçut les honneurs du triomphe, comme vainqueur des Peuples d’Aquitaine.

Non sine me est tibi partus honos. Tartella Pyrene Testis & Oceani littora Santonici.
…  Gentis Aquitana celeber Messala triumphis.

« Assez près du rivage de la mer, dit Thevet, se voit une grosse Tour de pierre, dite Châtelaillon, joignant laquelle fut trouvé de mon temps des médailles antiques, & une pierre faite en ovale, de marbre blanc, contre laquelle étaient plusieurs lettres effacées, d’où l’on a tiré ces mots Castrum Julii. » La découverte dont parle Thevet, ne peut donner lieu qu’à une conjecture sans preuves. Nul détail sur ces médailles antiques. Que peut-on conclure surtout du témoignage du Géographe Thevet, menteur insigne & écrivain fort ignorant ? » 

M. de Valois qui a percé avec tant de succès les ténèbres de la Géographie ancienne, a ignoré cette haute antiquité qu’on veut donner à Châtelaillon.

On pourrait attribuer à Charlemagne, l’origine de ce lieu. Ce grand Prince, selon Eghinard, fit fortifier tous les Ports de la Gaule Occidentale, pour assurer ses Etats contre les incursions des Normands. Il est donc probable qu’il étendit ses soins sur un Port qui facilitait les descentes en Saintonge. Dans la suite, un Seigneur maître de ce Port & du Pays circonvoisin, aura réparé les anciens travaux, ou plutôt élevé un Château qu’il aura décoré de son nom. « Selon Duchesne, Chatel, Château, Rocher, Puy, Mont, Motte, Ferté, Bourg, sont tout pris pour forteresse, à chacune desquelles, le Seigneur qui les a le premier édifié, rétabli ou rendu signalés, a laissé son nom : de là Chatelleraud, Chatel-achard, Chatel-aillon, Castellum Alonis » Je trouve dans l’histoire des Comtes de Poitou, des Seigneurs qui se nommaient Alon. Anno 995 S. Hugonis Vicecomitis. S. Alonis Fratris ejus. Et dans les Archives de l’Abbaye de Bourgueil, se voit un acte de donation qui commence ainsi, ego Alo, Alonis F, Alonisque Pater, anno 1005.

Les vestiges des fortifications que nous venons de supposer avec fondement avoir été faites par les ordres de Charlemagne, auront donné lieu de croire en des siècles peu éclairés que c’étaient des restes d’un ancien camp de César. On sait quelle était dans les huitième & neuvième siècles, l’ignorance des peuples. L’erreur éclose dans cet âge aura jette de profondes racines : de-là Castrum Julii, enfanté d’abord par l’ignorance, ensuite adopté par une fausse tradition, consacré enfin dans les Chartes où on le trouve quelquefois.

La Seigneurie de Châtelaillon est une Baronnie  considérable, relevant immédiatement du Roi. C’était anciennement une terre inféodée, dépendant du Duché d’Aquitaine qui était le Fief dominant. On a donné quelquefois à cette Baronnie, le nom de Principauté. « Mais comme il n’y a ni titre ni inféodation de cette qualité, dit Amos Barbot, il paraît que le nom de Principauté ne lui a été donné qu’à cause de la qualité personnelle de Prince, que possédaient ceux qui en ont été les Seigneurs, & surtout les Ducs de Longueville ». Dans la déclaration des anciennes Seigneuries de la Maison de Longueville, les Princes de ce nom ont été titrés de Princes de Châtelaillon.

Selon Besly, c’était l’usage des anciens Seigneurs de se qualifier Domini ou Principes.

« La Principauté de Châtelaillon est de l’hommage du Roi, & se relève par lui par tel mot, à savoir, quand le Roi est en lieu où ledit Seigneur peut voir le Château de Châtelaillon, ledit Prince est tenu lui dire : Sire voyez ma tour de Châtelaillon, que je tiens avec ses appartenances, à cause de votre Couronne de France »

La manière de rendre cet hommage est un peu différente dans un titre du 22 Mars 1401, « Jean l’Archevêque, Sire de Partenai, tient & avoue tenir du Roi à cause de son Chastel, Ville & Châtellenie de la Rochelle à foi & hommage lige, & au debvoir d’un baiser pour tout debvoir de morte-main, son Chatel, Châtellenie & Ville de Châtelaillon ».

Quelques-uns prétendent que les anciennes armes du Château de Châtelaillon étaient d’azur à un Château sommé d’une tour de même à une aigle issant de gueules. Quand ce fait serait vrai, il n’en résulterait rien en faveur des aigles Romaines, dont on a parlé ci-dessus. Il y a apparence que ces armes étaient celles des premiers Seigneurs de Châtelaillon, ce qui me détermine à le croire, c’est qu’en 1236 Eble de Rochefort, lequel était de cette Maison, portait dans ses armes, suivant Dom Etiennot dans ses Antiquités ms. « une aigle éployée, chargée d’un lambel de quatre pendans, surmonté en chef de deux croissans ».

Les premiers Seigneurs de Châtelaillon étoient puissants, & s’alliaient avec des Princes. Foulques IV du nom, Comte d’Anjou, surnommé Rechin ; c’est-à-dire, le dur, le rude, épousa en troisième noces Arengarde, fille d’Isambert de Castellion ou Castel-aillon. L’illustre & ancienne Maison de Châtelaillon s’éteignit par la mort d’Isambert au douzième siècle. Les Mauléons en qualité de parents devinrent alors Seigneurs de la Baronnie, que Savari de Mauléon en 1290 donna par engagement à Geofroi de Nuaillé, pour la somme de 3049 liv.

Ce Domaine passa dans la suite, dans la Maison de l’Archevêque Partenai. Guillaume de Partenai donna un aveu & dénombrement de cette Terre au Prince d’Aquitaine & de Galles, Duc de Cornouaille, le 1er jour de Juin 1363. Jean l’Archevêque, en 1401, en fit hommage à Charles VI. Ce Seigneur sous le règne du même Roi, vendit Châtelaillon à Charles, Dauphin & Comte de Poitou, lequel en disposa en faveur d’Artus, Comte de Richemont, Connétable de France. Celui-ci devenu Duc de Bretagne, remit Châtelaillon au Roi, & Charles VII en fit don avec une clause de réversion, à Jean Comte de Dunois chef de la Maison de Longueville.

Le Comte de Dunois étant entré dans la ligue du bien public, fut dépouillé de ses biens par Louis XI,  lequel en donna la jouissance au Comte du Maine son oncle. Le Traité de S. Maur, en 1465, ayant assoupi les troubles de l’Etat, le Roi qui pardonna aux coupables, remit le Comte de Dunois en possession de la Terre de Châtelaillon.

En 1541 le 20 Mars, Philippe Chabot, Chevalier de l’ordre du Roi, Amiral de France, Comte de Bezancois & de Charny, acheta la Baronnie de Châtelaillon & la Seigneurie de Salles, de François d’Orléans Rothelin. Il faut que ce Domaine soit rentré dans la Maison de Longueville, puisqu’en 1596, il fut vendu par Marie de Bourbon, Duchesse de Longueville & d’Estouteville, veuve d’Eléonor Duc de Longueville, à Antoine Courault Procureur du Roi au Présidial de la Rochelle. Après la mort de Courault, Châtelaillon fut saisi réellement sur ses héritiers, & vendu le dernier Août 1615.

Daniel Green de S. Marsault, Gentilhomme  du Pays d’Aulnis, & originaire d’Angoumois, acquit alors cette Baronnie par décret : c’est celui vraisemblablement qui commandait en 1622 les troupes de la Rochelle. Jean Louis Charles d’Orléans de Longueville, dernier mâle de cette Maison, étant décédé le 4 Février 1694, le Fermier du Domaine demanda la réunion de Châtelaillon à la Couronne. La réunion fut ordonnée le 9 Mars de la même année ; mais les enfants de Pharamond Green de S. Marsault, Chevalier, Seigneur de Châtelaillon, ayant supplié Sa Majesté d’agréer un échange, le Roi accepta la Seigneurie de Dompierre près de la Rochelle, & le contrat fut passé le 5 Février 1699.

« Selon Maichin, ceux qui assistèrent à la rédaction de la Coutume de la Rochelle, y firent adroitement couler cet article, que nul n’a de jurisdiction à la Rochelle que le Roi, & par ce moyen privèrent les Seigneurs de Châtelaillon du droit qu’ils y prétendaient ». Ce conte absurde ne méritait pas de tenir une place dans l’Histoire. Comment cette fourrure se serait-elle glissée dans les cahiers de la Coutume sans que le député du Seigneur de Châtelaillon reclamât contre une innovation d’une si grande conséquence ? Et comment le Duc de Longueviile aurait-il souffert qu’une indigne supercherie lui ravît ses droits ?

Maichin aurait dû savoir que longtemps avant la rédaction de la Coutume, les Rochelais étaient soumis immédiatement au Roi, sans reconnaître d’autres Seigneurs, & que depuis plusieurs siècles les Seigneurs de Châtelaillon avoient cédé le Domaine direct de la Rochelle. En effet, Eléonor en 1199, donna à Rodolphe de Mauléon, Seigneur de Chatelaillon, la Terre & Seigneurie de Benon avec 500 liv. de rente, en échange de la Rochelle.  Praenominatus Rodulphus de Maloleone, pro praescripto escambi, quid juris habebat in Rupella, nobis & militibus nostris, in perpetuum quittavit & transmisit. Apud Londinum crastino natalis, ab incarnatione Domini millesimo centesimo nonagesimo nono. Charles VI par ses Lettres patentes données à Senlis en 1380, déclare qu’il retient la Rochelle, in specialem cameram Franciae.

Les Seigneurs de Châtelaillon jouissaient autrefois d’un droit fort singulier. Il se faisaient payer la tierce partie de toutes les dettes que contractaient ses tenanciers entr’eux, de sorte qu’il devenaient ainsi eux-mêmes créanciers dans toutes les conventions de ces tenanciers, & en cette qualité ils intervenaient nécessairement dans toutes les actions réelles & personnelles, pour obtenir la délivrance du tiers de la somme adjugée. « Les Rochelais, dit Amos Barbot, firent tant par leurs intercessions, qu’ils obtinrent de Guillaume l’Archevêque qu’il se désistât & départît de ce droit, se réservant seulement l’amende de 7 sols 6 deniers, celle de 60 sols 1 den. & les autres amendes selon les Us & Coutumes du Pays ». On trouve encore en certains lieux des traces de ce droit rigoureux. Lorsqu’on exécute quelque débiteur en ses biens, dit M. de Richebourg, il est dû en Hainault, au Seigneur du lieu, le cinquième denier de la somme pour paiement de laquelle on fait l’exécution ; & c’est ce qui se nomme service du quint.

Les Seigneurs de Châtelaillon prétendaient encore jouir du droit d’épave. Antoine Courault, Seigneur de cette Terre, en 1599 réclama un Navire qui avait sombré faute de lest, entre l’isle d’Aix & les côtes de la Baronnie de Châtelaillon ; mais François Tallemand l’un des Pairs de la Rochelle, remontra qu’un privilège accordé à Calais le 25 Octobre 1360, par Edouard III Roi d’Angleterre, exemptait les Rochelais du droit de naufrage.

Ce droit que l’humanité réprouve, tirait peut-être sa source de l’humeur féroce des anciens Gaulois qui mettaient à mort les étrangers, selon Pomponius Mela. Il est plus vraisemblable que ce fut d’abord un droit de représailles contre les pirates du Nord, qui dans leurs expéditions rapides & fréquentes désolèrent la Gaule Occidentale. Lorsque ces brigands étaient jetés sur les rivages, qu’ils étaient les moins forts, ou qu’ils se laissaient surprendre, les habitants des côtes, après les avoir pillés, leur faisaient expier par la mort leurs rapines & leurs cruautés. Ce procédé rigoureux autorisé par la raison contre des voleurs, dégénéra en abus. L’amour du butin & l’intérêt, presque toujours barbares dans les âmes viles, ne distinguèrent plus l’innocent du coupable. Des malheureux dont le Navire se brisait sur des rochers, après avoir été longtemps le jouet des tempêtes, n’échappaient aux périls des mers, que pour essuyer de nouveaux dangers sur la terre. Des hommes sans entrailles & sans pitié, leur enlevaient leurs effets & souvent les égorgeaient.

Un usage injuste changé en loi, adjugeait aux Ducs de Bretagne  le bris des Navires, les marchandises & les personnes même qui avoient fait naufrage. Sur les côtes de Saintonge & d’Aulnis, le droit de bris fut longtemps en vigueur : mais on le faisait valoir d’une manière moins cruelle qu’en Bretagne. Les Seigneurs prenaient le tiers ou le quart des effets, & ceux qui avoient sauvé les marchandises en prenaient autant. Le reste était abandonné aux propriétaires, & l’on n’attentait pas sur la liberté des matelots. Ce tempérament qui adoucissait un droit si odieux, ne fut pas généralement suivi. S’il faut s’en rapporter à Belleforet, « le bris & tout ce que d’iceux pouvait être sauvé par la loi du Pays (Bretagne) était confisqué au Prince, & d’un pareil droit jouit le Sire de Pons en l’isle de Marepnes ».

En 1226, Henri Roi d’Angleterre & Duc d’Aquitaine, ordonna  que la cargaison, en cas de naufrage, sur les côtes d’Angleterre, de Gascogne, du Comté de Poitou, & par conséquent du Pays d’Aulnis & de la Rochelle, serait rendue aux gens du Vaisseau : que  si l’équipage entier s’étant noyé, un animal échappait du naufrage, ou se trouvait dans le Navire plein de vie, ses Baillis ou les Baillis des Seigneurs mettraient les effets en sequestre, entre les mains de quatre personnes de confiance, afin que ces effets fussent rendus aux propriétaires, s’ils les répétaient dans l’espace du temps fixé pour la revendication : mais que si tout avait péri, hommes & bêtes, ce qui restait de la cargaison, reviendrait au Domaine ou au Seigneur à qui appartiendrait cette étendue de mer où le Navire aurait fait naufrage. La clause qui assure aux propriétaires leurs biens, mais qui fait dépendre cet avantage de la vie d’une vile bête, me paraît remarquable par sa singularité. Il semble que le crayon qui a tracé les règles d’équité dans cette Ordonnance, n’ait pas achevé le trait. Il était raisonnable d’ordonner la restitution des effets, & souverainement ridicule de l’attacher à la vie d’un animal.

Ce fut à la prière des habitants de la Rochelle & de Bordeaux, que les Ducs de Bretagne, durant le règne de Saint Louis, se désistèrent du droit odieux de bris & d’épave, & laissèrent le commerce libre, moyennant une certaine taxe de brieus ou brefs de sauveté & de conduite, c’est-à-dire de congé, à tous ceux qui voulaient naviguer sur leurs côtes. Pour faciliter l’usage de ces congés ou passeports, ces Ducs tenaient des Bureaux & des Receveurs à la Rochelle & à Bourdeaux.

Il parait que la taxe que les Ducs de Bretagne  percevaient à l’occasion des congés de mer, leur fut contestée dans la suite, puisqu’en 1362 Edouard, à la sollicitation de Jean Duc de Bretagne, ordonna au Sénéchal de Saintonge & à son Receveur de la Rochelle, de faire enquête, & de rétablir le Prince en possession de ses droits, s’ils étaient solidement fondés. » 

Voir : Carte satellite des lieux décrits par Louis-Etienne Arcère

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