Connaissez-vous Harriet ?

Le monde vu par la lucarne

Cet article a déjà été publié le 10 mars 2018 dans Rue du Blogule Rouge Insoumis sous le titre : 

LE 10 MARS, C’EST LA JOURNÉE HARRIET TUBMAN

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     En l’honneur de son courage, de ses efforts humanitaires, de son héroïsme et de sa vie vouée au service des autres, les États-Unis d’Amérique ont déclaré depuis 1990 le 10 mars comme la “journée Harriet Tubman“. Ce fut aussi le cas à St.Catharines au Canada (Ontario). Elle a même été désignée pour apparaître sur les futurs nouveaux billets de 20$ US (mais un certain Donald Trump s’y est récemment opposé, arguant d’un manque de temps pour s’occuper de “ça“). En 2005, elle fut aussi reconnue comme une “personne d’importance historique“ par le gouvernement canadien. 

Qui était donc Harriet Tubman ?

     Il y a 105 ans, le 10 mars 1913, décédait, dans le comté de Cayuga, à Auburn, petite ville de l’état de New-York proche de la rive sud du lac Ontario, sur l’ancien territoire des Iroquois, un petit bout de femme à la peau noire, fort édentée, âgée de 93 ans et ne mesurant guère qu’un mètre cinquante... 

  Araminta (Minty = Menthe) Ross, c’était elle,  naquit, pense-t-on, vers 1820 (ni la date exacte ni le lieu n’ont été officiellement enregistrés), dans l’état du Maryland, dans le comté de Dorchester, c’est-à-dire dans la baie de Chesapeake, sur la rive opposée à Washington, à quelques 600 km du lieu de son décès. 

     Et elle était née esclave ! Elle était même une esclave de la 3ème génération.

    Sa mère s’appelait Harriet (Rit Green). C’est son prénom qu’Araminta adoptera plus tard et sous lequel elle se fera connaître.

     Son père s'appelait Ben Ross.

    Harriet Green appartenait à Mary Pattison Brodess (et plus tard à son fils Edward - famille d'origine galloise) tandis que Ben était la propriété du second mari de Mary, Anthony Thompson, qui dirigeait une grande plantation à proximité de la rivière Blackwater à Madison dans le Maryland, la Poplar Neck Plantation. 

    La grand-mère maternelle d’Araminta était arrivée aux États-Unis sur un navire négrier en provenance probable du Ghana et elle était peut-être d’origine Ashanti.

     Sa mère était cuisinière pour la famille Brodess. Son père supervisait le travail du bois sur la plantation (il dirigeait les esclaves qui coupaient le bois destiné aux chantiers navals de Baltimore). Ils se “marièrent“ (bien que le mariage des esclaves fut illégal et donc non reconnu) vers 1808 et eurent neuf enfants ensemble : Linah, née en 1808, Mariah Ritty en 1811, Soph en 1813, Robert en 1816, Minty (Harriet) vers 1820, Ben en 1823, Rachel en 1825, Henry en 1830 et Moïse en 1832.

     Le système esclavagiste séparait fréquemment les familles, en éloignant les parents de leurs enfants, vendus à d’autres propriétaires qui résidaient parfois à de grandes distances. La famille Tubman n’échappa pas à la règle. Edward Brodess vendit trois des sœurs d'Harriet (Linah, Mariah Ritty, et Soph), les séparant du reste de leur famille pour toujours. Quand un commerçant de Géorgie approcha Brodess pour acheter son plus jeune fils Moïse, Harriet le cacha dans les bois pendant un mois, aidée par d'autres esclaves et des Noirs libres de la communauté. Elle fit même face à son propriétaire quand celui-ci, accompagné de « l'homme de Géorgie », vint saisir l'enfant. Elle menaça d’ouvrir la tête au premier qui franchirait le seuil de sa maison. Brodess recula et abandonna la vente. 

     À l'âge de cinq ou six ans, Araminta fut louée à une femme nommée « Miss Susan » chez laquelle elle fut quotidiennement victime de mauvais traitements. Sa mission consistait à veiller sur un bébé pendant son sommeil ; lorsqu’il s'éveillait en pleurant, elle était fouettée, ce qui se produisit un jour cinq fois avant le petit déjeuner. Un autre jour, menacée pour avoir volé un morceau de sucre, Tubman se cacha dans la porcherie d'un voisin pendant cinq jours, se battant avec les animaux pour les restes de nourriture. Affamée, elle dut retourner chez Miss Susan où elle fut lourdement frappée. Elle porta les cicatrices de ces sévices pour le restant de sa vie.

      Pour se protéger de ces abus, elle s'enveloppait dans plusieurs couches de vêtements. 

     Elle endura des années de traitements inhumains de la part de ses maîtres. Un homme qui la louait déclara qu'elle « ne valait pas un sou » et la renvoya à Brodess, qui essaya en vain de la vendre.

      Araminta passa le plus clair de son enfance d’esclave à travailler dans les champs pour le compte de son propriétaire blanc.

     À 14 ans, elle fut témoin par hasard de la tentative de fuite d’un jeune esclave dans une mercerie. Lorsque le régisseur lui lança, avec une rare violence, un lourd objet ramassé au hasard sur le comptoir pour l’arrêter, ce ne fut pas l’évadé insoumis qui reçut le coup, mais elle. Frappée à la tête, elle subit une grave blessure qui, toute sa vie future, lui causera des hallucinations et des crises de sommeil.

     En 1844, à 24 ans, elle “épousa“ John Tubman, un Noir libre (esclave libéré). Cependant, ce mariage n’étant pas reconnu par la loi, elle ne fut pas libérée de son statut et demeura esclave. Elle tenta bien de convaincre son “mari“ de s’enfuir avec elle vers le Nord, où ils pourraient vivre en liberté tous les deux, mais ce dernier refusa.

     5 années plus tard, en 1849, son “propriétaire“ mourut. Elle craignit alors d’être vendue “avec les meubles“. Après une première tentative malheureuse en compagnie de ses frères Robert et Ben qui finirent par renoncer et l’obliger à rentrer, elle s’enfuit donc seule vers le Nord jusqu’à Philadelphie, grâce au Chemin de fer clandestin, avec l’aide de plusieurs Quakers.

     Elle ne voulait qu’une chose : aller au Nord et franchir la ligne de la liberté (la “Mason Dixon line“ qui était la ligne de démarcation entre les États abolitionnistes du Nord et les États esclavagistes du Sud ! 

     “Quand je m’aperçus que j’avais franchi cette ligne, dit-elle, je regardai mes mains pour vérifier que j’étais bien toujours la même personne. Il y avait tellement de gloire partout ; le soleil transperçait les arbres comme un rayon d’or et inondait les champs de lumière, et je sentis que j’étais au paradis “.

     Pour plus de discrétion, elle choisit comme prénom celui de sa mère et adopta le patronyme de son “mari“. 

     Elle devint alors définitivement Harriet Tubman.

Le 10 mars, c’est la journée HARRIET TUBMAN
Le 10 mars, c’est la journée HARRIET TUBMAN

     Qu'est-ce que ce “Chemin de fer clandestin“ ?

     Rien à voir avec un train, même fantôme, roulant sur des rails !

     C'était en réalité un réseau secret d'abolitionnistes qui aidait les Afro-Américains à fuir l'esclavage du Sud vers les états libres du Nord et le Canada. Il était le plus important mouvement anti-esclavagiste an Amérique du Nord !

       De 30 000 à 40 000 fugitifs ont, grâce à lui, trouvé refuge en Amérique du Nord britannique (actuel Canada).

        Il consistait en un réseau complexe de personnes et de refuges.

     Mis sur pied dès le début du XIXème siècle par une communauté d'abolitionnistes à majorité quaker, établie surtout à Philadelphie, il était devenu un réseau dynamique et bien organisé. Le terme “Chemin de fer clandestin“ ne fut utilisé pour le désigner qu'à partir des années 1830, lorsque les technologies ferroviaires commencèrent à concerner l'Amérique (Georges Stephenson construisit la première locomotive en 1828). Il était par contre bien secret et clandestin !

     Le “Chemin de fer“ adopta une terminologie et des symboles pour masquer les activités clandestines du réseau et éviter d'alerter le public et les propriétaires d'esclaves : on nommait “conducteurs“ ceux qui aidaient les esclaves fugitifs tout au long de leur périple. Ils guidaient ces derniers d'un endroit à l'autre sur le chemin de fer clandestin au moyen de divers moyens de transport par voie terrestre ou maritime.

       Harriet Tubman sera l'une de ses plus célèbres “conductrices“ !

      Les termes “passagers“, “cargaison“, “colis“ et “fret“ renvoyaient aux esclaves en fuite. Les passagers étaient “livrés“ à des “stations“ ou à des “gares“ qui étaient en fait des refuges. Les stations étaient situées dans des villes et des villages appelés “terminaux“. Ces refuges pouvaient parfois être repérés au moyen de chandelles placées derrière les fenêtres ou de lanternes placées de façon stratégique dans les avant cours. Ces refuges étaient gérés par des “Chefs de gare“ qui accueillaient les fugitifs dans leur maison. Ils leur offraient des repas, des vêtements de rechange, un endroit pour se reposer et se cacher et une aide financière, avant de les envoyer vers le point de transfert suivant.

Le 10 mars, c’est la journée HARRIET TUBMAN

     Harriet la conductrice

     Harriet travailla à Philadelphie dans de petits boulots pendant une année afin de réunir suffisamment de fonds pour sa première mission de sauvetage.

      En décembre 1850, elle apprit que sa nièce Kessiah et ses deux enfants, Alfred, six ans et Araminta, encore un bébé, allaient être vendus aux enchères !

     Elle revint alors secrètement dans le Maryland, où elle les aida à s'évader. Elle les conduisit ensuite jusqu'à Philadelphie. Ce fut le début de sa carrière de “Chef de train“. Elle avait 25 ans !

     Afin d'assurer la sécurité de ceux qui recherchaient la liberté le long du réseau secret, Harriet Tubman reçut l'aide de militants divers comme Jermain Westley Loguen, Frederick Douglas, Thomas Garret  ou William Still. Ces hommes, abolitionnistes, quakers ou eux-mêmes anciens esclaves fugitifs, dirigeaient des stations du Chemin de fer clandestin.

Loguen, Douglas et GarretLoguen, Douglas et GarretLoguen, Douglas et Garret

    Loguen,                                                Douglas                                  et              Garret

     Surmontant sa frayeur, Harriet revint près de la Polplar Neck Plantation en 1851 pour secourir sa famille mais ce fut pour apprendre que son mari, John Tubman vivait désormais avec une autre femme.

     Elle y revint également en mars 1857 et cette fois réussit à ramener ses parents vers le Nord et la liberté.

     Au début, Harriet Tubman et ses protégés trouvaient la sécurité dès qu'ils arrivaient dans le nord des États-Unis. Mais lorsque la loi sur les esclaves fugitifs fut adoptée par le Congrès en 1850, laquelle loi stipulait que tout esclave ayant trouvé refuge dans les états libres du Nord, pourrait retrouver l'asservissement dans le Sud une fois capturé, elle modifia son trajet de fuite pour se rendre jusqu'au Canada. Alors, elle commença et termina ses missions de sauvetage à St.Catherines, dans le Haut Canada (actuel Ontarion) et y déménagea même en 1851. Plus tard, elle affirma : "En ce qui concerne mon peuple, je ne pouvais plus faire confiance à l'oncle Sam. J'ai donc amené mon peuple jusqu'au Canada.

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     St.Catharines n'était qu'un terminus parmi d'autres du chemin de fer clandestin. Lorsqu'elle y arriva en décembre 1851, Harriet Tubman trouva rapidement un emploi et loua une maison dans North street, proche de la fameuse Salem Chapel qui lui servit de terminal.

     Harriet l'humanitaire

     À ce moment-là il y avait déjà une petite communauté de Noirs dans la ville, qui grandissait rapidement en raison de l'arrivée de ces esclaves en fuite. Selon un journal local, vers la fin de 1855, la population noire vivant à St.Catharines comptait 500 personnes, alors que la population de la ville au complet n'excédait pas 7060 âmes.

    Harriet poursuivit ses efforts humanitaires à St.Catharines et ouvrit souvent sa porte à d'autres esclaves en fuite nouvellement arrivés. Elle offrait également nourriture et vêtements à ceux qui en avaient besoin. Elle s'impliqua aussi dans un organisme de bienfaisance fondé par le révérend Hiram Wilson qui avait transformé la Salem Chapel en terminal.

     En 1861 elle fonda finalement elle-même sa propre organisation de bienfaisance, nommée “Fugitive Aid Society of St.Catherines“ pour assister les esclaves libérés. Elle accueillit aussi les orphelins de la région.

      Harriet Tubman résida dans cette ville de la région du Niagara entre 1851 et 1861, pendant des durées variées, tout en continuant ses missions de sauvetage dans le Maryland, mais c'est à Auburn, dans l'état de New-York, petite ville proche de la rive sud du lac Ontario et où le sénateur new-yorkais et secrétaire d'État de Lincoln, William H. Seward, lui avait offert une maison et un terrain, qu'elle déménagea ses parents en 1859 et où elle finit par s'établir elle-même.

     Harriet l'abolitionniste

     Elle commença à y prononcer des discours lors de rassemblements contre l'esclavage pour ramasser de l'argent afin de soutenir sa famille et le mouvement abolitionniste. Elle partageait ses histoires sur les maux de l'asservissement et sur ses angoissantes missions de sauvetage aux États-Unis.

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La “Salem Chapel“ à St.Catharines vers 1920

La “Salem Chapel“ à St.Catharines vers 1920

La maison d'Harriet à Auburn de nos jours

La maison d'Harriet à Auburn de nos jours

    Toujours armée et le plus souvent déguisée, elle effectua, d'après Howard Zinn qui la cite plusieurs fois dans son ouvrage “Une histoire populaire des États-Unis“, dix-neuf aller-retours excessivement risqués pour guider plus de trois cents esclaves vers la liberté.

     Elle déclarait aux fugitifs : “Vous serez libres ou morts“.

Je n'avais le choix qu'entre deux choses, racontait-elle plus tard, la liberté ou la mort. Si je n'avais pu obtenir l'une,  j'aurais eu l'autre. Personne ne m'aurait reprise vivante“ !

      Ses audacieuse incursions de sauvetage étaient en réalité très bien organisées. Harriet Tubman traçait ses propres chemins à travers marécages et forêts, sillonnant différents États et en se dirigeant grâce à l'étoile du nord. Elle voyageait seulement la nuit et cachait ses passagers en sécurité dans des endroits discrets pendant le jour. Elle créa son propre réseau de maisons sûres et employa plusieurs stratégies pour cacher ses protégés et masquer leur identité. Par exemple aussi, elle débutait plusieurs de ses ses missions le samedi soir pour gagner du temps avant que les annonces d'esclaves en fuite ne paraissent dans le journal du lundi. Elle n'hésitait pas non plus à faire partir son groupe vers le Sud dans un premier temps si elle suspectait la surveillance des chasseurs d'esclaves au point prévu d'embarquement.

     C'est ainsi que pour avoir si bien guidé son peuple, elle mérita désormais le surnom de Moïse dont on la désigna.

     Harriet la guerrière

     En 1859,  juste avant la guerre de sécession, elle fut impliquée dans le complot de John Brown qu'elle avait rencontré l'année précédente et qui la qualifiait de “general Tubman“.

    John Brown était un abolitionniste blanc qui voulait s'emparer de l'arsenal fédéral (le 2ème en importance des USA) à Harpers Ferry en Virginie occidentale dans le comté de Jefferson, au confluent du Potomac et de la Shenandoah, puis fomenter une révolte générale des esclaves du Sud. Il prit effectivement l'arsenal d'assaut mais les esclaves du Sud ne suivirent pas le mouvement et il fut capturé et pendu. Harriet, elle, malade cette nuit-là ou peut-être méfiante, ne s'était finalement pas jointe à eux.

John Brown

John Brown

     Durant la guerre de sécession (1861-1865), Harriet Tubman s'enrôla dans l'armée de l'Union dès 1862. Elle servit suivant les circonstances en tant que scout (éclaireuse), infirmière, espionne, générale d'armée, blanchisseuse ou cuisinière jusqu'en 1864.

     Le 2 juin 1863, trois cannonières, le “Sentinel“, le “Harriet A. Weed“ et le “Jonh Adams“, sous le commandement du colonel James Montgomery, partirent de Beaufort en Caroline du Sud pour remonter la rivière Combahee minée par les Sudistes et attaquer entre autres les plantations Heyward, Middletons et Lowndes dans le comté de Colleton.

     C'est en réalité Harriet Tubman qui, à la demande du général Hunter, dirigeait l'expédition, car elle avait l'oreille des esclaves. Elle était à la tête de troupes composées de 300 soldats de l'Union, Blancs et Noirs du deuxième régiment de Caroline du Sud auquel on avait adjoint des éléments du troisième régiment d'artillerie du Rhodes Island.

     L'action, connue sous le nom de “Combahee River Raid“, permit de détruire mines, ponts, routes et granges et de ruiner quelques plantations mais surtout de libérer sept-cent-cinquante esclaves qui se ruèrent à l'abri des bateaux et ne subit aucune perte !

     Harriet fut ainsi la seule femme à avoir commandé des troupes pendant la guerre de sécession, ce qui n'empêcha pas l'armée US de lui refuser par la suite la pension à laquelle elle aurait eu droit si elle avait été un homme (et blanc ?).

“Combahee river raid“

“Combahee river raid“

     Harriet la militante du droit des femmes

     Après la guerre civile, Harriet Tubman revint chez elle à Auburn. Elle s'y remaria en 1869 avec Nelson Davies, qui avait vingt ans de moins qu'elle et elle adopta une petite fille, Gertie, en 1874.

      Au début des années 1900, elle construisit puis dirigea une maison de retraite pour les Afro-Américains âgés.

     Surtout, elle devint une militante non seulement pour les droits des Afro-Américains mais aussi pour ceux des femmes. Elle travailla en particulier à promouvoir la cause du droit de vote féminin. Aux femmes blanches qui lui demandaient si elle croyait que les femmes devraient avoir le droit de vote, elle répondait qu'elle avait assez souffert pour le croire. 

     Tubman assista d'abord aux réunions des organisations suffragistes avant de s'engager aux côtés de militantes féministes telles que Susan B. Anthony et Emily Howland. Elle se rendit même alors à New-York, Boston et Washington pour participer à des conférences en faveur du droit de vote des femmes. Son argumentation visait toujours à démontrer que les femmes méritaient par leurs actions d'accéder aux droits politiques. Elle illustrait son propos en décrivant sa propre action pendant et avant la guerre de sécession et mettait en avant le sacrifice des innombrables femmes qui avaient oeuvré en faveur de la nation américaine. 

La militante féministe Suzan B. Anthony

La militante féministe Suzan B. Anthony

     

     Lorsqu'Harriet Tubman mourut le 10 mars 1913 à Auburn, on pouvait dire qu'elle avait consacré sa vie entière au service des autres et à la lutte pour la liberté et l'égalité.

     Même si ses biographes ont eu tendance à grossir parfois le trait et ont été souvent accusés d'avoir romancé sa vie, il n'en reste pas moins que les tribulations qu'elle a connues s'y prêtaient et il n'est pas sûr que la réalité n'aie pas pu dépasser la fiction.

     Elle demeure en tous les cas aujourd'hui un symbole éminent de la lutte pour la liberté et elle restera une des plus grandes figures du mouvement anti-esclavagiste américain et mondial !

 

Le 10 mars, c’est la journée HARRIET TUBMAN
 
 
 
     Ces ouvrages évoquent la vie d'Harriet :    
Éric Simard a tiré de la vie d'Harriet un petit livre à destination des jeunes (Oskar éditeur, 2016)

Éric Simard a tiré de la vie d'Harriet un petit livre à destination des jeunes (Oskar éditeur, 2016) : la femme noire qui montra le chemin de la liberté ; 73 pages.

Le 10 mars, c’est la journée HARRIET TUBMAN
Colson Whitehead a obtenu le prix Pulitzer 2017 avec ce roman paru chez Albin Michel, qui reprend en partie l'histoire d'Harriet :
Underground Railroad ; 398 pages.
Traducteur : Serge Chauvin
     “Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord.
     De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable cœur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté.
  
     L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme.
    À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire.“
Anouk Bloch-Henry a écrit  cette version romancée de la vie d'Harriet Tubman parue aux éditions Oskar en 2019.

Anouk Bloch-Henry a écrit cette version romancée de la vie d'Harriet Tubman, Harriet Tubman la femme noire qui libéra 300 esclaves,  parue aux éditions Oskar en 2019. 170 pages.

 

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