les maires de 1790 à 1914

Les maires de la commune de Périgny de 1790 à 1870

Les premiers maires de Périgny ne furent pas faciles à trouver ni à conserver, la période révolutionnaire n'aidant évidemment pas à une organisation sereine de l'administration des communes qui succédaient alors aux paroisses dans le découpage territorial. Le premier maire ne  fut en fonction que 2 mois, le deuxième 9 mois et plusieurs refusèrent la charge, bien qu'élus.

Le deuxième grand  trait de cette période fut le suffrage censitaire. Les élus municipaux étaient choisis sur le critère de leur richesse, la plupart du temps nommés par le préfet et, même en période de « suffrage universel », ce n'étaient que des hommes élus par des hommes, à l'exclusion de la moitié féminine de la population.( Rappelons aussi que l'âge légal de l'éligibilité était de 25 ans et celui du vote 21 ans.)

En 1790,les officiers municipaux et les notables durent être élus au suffrage direct par les citoyens (pas les citoyennes) actifs de la commune, pour deux ans, avec renouvellement par moitié chaque année, parmi les habitants payant une contribution d'une valeur égale à dix journées de travail.

Les premières municipalités furent élues à la fin du mois de janvier 1790.

22 maires se succédèrent cependant à la tête de la commune de Périgny entre 1790 et 1914.

 Paumier Beauchamps

Le 31 janvier 1790, l'Assemblée générale de la paroisse de Périgny, on disait maintenant "communauté d'habitants", réunie en vertu des lettres patentes du  roi et d'un décret de l'Assemblée Nationale du 14  décembre 1789, constitua la municipalité qui élut le premier maire de la commune, Paumier Beauchamp. Celui-ci n'occupa ses fonctions que deux mois et  démissionna le 28 mars 1790 pour raisons de santé ce qu'il annonça au conseil municipal dans un style ampoulé :

« Lorsque j'ai accepté la place de maire, dont vous avez bien voulu m'honorer, je croyais que ma santé aurait secondé dignement mon zèle pour remplir cette charge. C'est avec peine que je vois la fièvre s'acharner sur moi et m'affaiblir au point de ne pouvoir vaquer et remplir les devoirs dont je suis chargé, tous les médecins m'engageant à changer d'air et rester tranquille, ce qui ne s'accorde point avec la place que j'occupe, c'est pourquoi messieurs je vous prie d'en nommer un autre et de recevoir ma démission. Soyez persuadé du regret que j'ai de ne pouvoir vous prouver ma reconnaissance du choix que vous avez bien voulu faire de moi par l'activité et le zèle que j'aurais employé à concourir au bien de la commune ; une autre année, s'il plaît à l'Être suprême de m'accorder plus de santé, vous prouver le désir que j'ai d'être connu pour bon citoyen ; certain que je serai toujours jaloux d'être utile à tous ceux à qui je pourrais l'être ainsi que de vous prouver le dévouement respectueux avec lequel je serai  toujours votre humble et très obéissant serviteur. »

Politique, n'est-il pas ?

En réalité, les votants n'étaient pas nombreux, puisqu'il s'agissait d'un suffrage censitaire : pour être électeur, il fallait payer un impôt au moins égal à trois journées de travail (soit environ 3 livres). A Périgny, il n'y avait que 52 votants en janvier 1790, 29 en avril 1790 et 21 en février 1791, puis 16 en novembre, mais 35 à 37 en 1792 !

Quant aux  élus, ils devaient payer un impôt au moins équivalent à dix journées de travail. 

  • Marie Jean

Paumier Beauchamps fut remplacé par le curé de la paroisse, Marie Jean, déjà secrétaire greffier de la commune, qui,  élu maire le 28 mars 1790, démissionna à son tour 9 mois plus tard, en janvier 1791 non sans avoir finement fait observer à ses concitoyens qu'il ne fallait pas confondre paroisse et commune et que les deux pouvaient fort bien être différentes, même si l'assemblée communale se réunissait dans l'église.

 C'est lui qui impulsa l'administration ordonnée de la commune grâce à la tenue de registres : un pour conserver les lettres patentes, les décrets de l'Assemblée nationale, un second pour rappeler les Droits de l'Homme, la Constitution, les lois et règlements et la jurisprudence criminelle, Un troisième pour conserver les lettres adressées à la municipalité par les autorités et les délibérations de la municipalité, enfin un quatrième pour conserver les procès verbaux des élections ou nominations faites en conseil.

Son conseil municipal édicta aussi un règlement pour les brebis et un pour les vaches afin de ne plus nuire aux propriétaires de vignes chez qui les habitants pauvres de Périgny avaient pris l'habitude de se servir en herbe.

  • Henri Kertzen

C'est le procureur de la commune, (le procureur de la commune était élu dans les mêmes conditions que le maire et était chargé de requérir l'exécution des lois), Henri Kertzen, qui devint maire le 6 février 1791 laissant le poste de procureur à Pierre Boiré.

Il fut décidé que la municipalité tiendrait dorénavant ses réunions dans la maison du ci-devant De Baupréau (Cadoret) et non plus à l'église, en attendant qu'un lieu plus convenable soit trouvé.. 

  • Chagneau

Le 2 décembre 1792, les votants désignèrent comme maire Pierre Tardé, qui, sans doute prudent, refusa son élection :

 

 

 

On élut alors Louis Jean, qui était absent de l'Assemblée. Qu'importe, on envoya chez lui une délégation, mais il refusa aussi. Finalement l'heureux élu fut le cultivateur Jacques Chagneau. Le conseil municipal va désormais quitter l'église pour se réunir dans la maison du ci-devant Cadoret de Baupréau au 1 de la Grand Rue à Périgny.

Avec la Constitution du 5 fructidor de l'an III (22 août 1795), les conseils municipaux furent supprimés dans leur organisation de la période révolutionnaire. Chaque commune élut dorénavant un agent municipal qui participait à la municipalité cantonale. Les maires passaient dorénavant sous l'autorité des «présidents des municipalités cantonales », les seconds étant élus par l'ensemble des hommes du canton. Le président des municipalités cantonales était assisté d'un « commissaire du Directoire », nommé par le pouvoir central.

  •  Lescuyer

Le 1er frimaire an IV (22 novembre 1795) fut élu le juge de paix Lescuyer.

Sous le Consulat (1799-1804)  les maires furent désignés par les préfets pour les communes de moins de 5 000 habitants (et pour les grandes villes, par le Premier consul). Les conseillers municipaux étaient élus au suffrage censitaire.

 En effet, la constitution de l'an VIII (13 décembre 1799)  précisait dans son Art. 20. - Les préfets nommeront et pourront suspendre de leurs fonctions les membres des conseils municipaux; ils nommeront et pourront suspendre les maires et adjoints dans les villes dont la population est au-dessous de cinq mille habitants. Les membres des conseils municipaux seront nommés pour trois ans; ils pourront être continués. 

  • Pichon

Le 10 messidor an VIII (29 Juin 1800), Pichon fut désigné maire.

  • Lescuyer

Lescuyer fut à nouveau maire à partir du 15 plûviose an IX (4 février 1801).

La constitution du 16 thermidor an X (4 août 1802) recadra encore les conseils municipaux :

Article 11. - Les membres des conseils municipaux sont pris par chaque assemblée de canton, sur la liste des cent plus imposés du canton. Cette liste sera arrêtée et imprimée par ordre du préfet.

Article 12. - Les conseils municipaux se renouvellent tous les dix ans par moitié.

Article 13. - Le Premier consul choisit les maires et adjoints dans les conseils municipaux ; ils sont cinq ans en place : ils peuvent être renommés.

On adjoignait aussi les plus forts contribuables de la commune, en nombre égal aux élus, chaque fois qu'une décision devait toucher au domaine financier. Ils étaient réunis avec le conseil municipal. 

  • Pandin de Rommefort

Le 24 thermidor an XIII (12 août 1805)  Pierre Pandin de Rommefort, (qui signait « le chevalier de Rommefort ») et qui était de loin le plus fort contribuable de la commune fut nommé maire. Il le restera presque jusqu'à sa mort survenue le 11 novembre 1823 au château de Coureilles. 

  • Roi

Maire depuis mai 1820, il démissionna en avril 1825. 

  • Pluvillière

Aiman Pierre Pluvillière fut nommé en remplacement de Roi. 

  • Bonplant

 Michel Simon Goujaud Bonplant, né en 1770 à Périgny et mort en 1850 à Périgny, était médecin et frère d'Aimé Jacques Alexandre Goujaud Bonplant, le médecin naturaliste et explorateur, compagnon de Humboldt. Nommé maire de Périgny le 7 mai 1837, il démissionna le 16 juillet 1842. "Je ne peux pas administrer la commune de Périgny" écrivit-il au préfet, "Daignez recevoir avec bonté ma démission de maire de cette commune, ainsi que l'expression du sentiment que j'éprouve en cessant de coopérer à cette administration dont la direction n'est plus en harmonie avec mes opinions politiques". Son principal motif de désaccord était la révocation par le ministre de la Justice du Conseil de Fabrique de Périgny pour avoir omis de présenter les comptes de la fabrique, après avoir engagé des réparations au presbytère.

  • Millet

Dès le 26 septembre 1825, Millet devint conseiller municipal de Périgny. Le 3 juillet 1842 François Nicolas Millet, propriétaire,  fut nommé maire par le préfet, en remplacement de Bonplant, démissionnaire. La grande affaire de son « mandat » fut le projet de construction d'une nouvelle église à La Coie pour réunir « spirituellement » les paroisses de Saint-Rogatien et de Périgny. Il voulait aussi construire un nouveau presbytère, une nouvelle école et une nouvelle mairie !

  • Pillot

Le 15 octobre 1846, Aristide Pillot, plus fort contribuable de la commune (succédant à la famille Pandin de Rommefort/Fleuriau dans la propriété du château de Coureilles, entre autres) et conseiller municipal depuis le 16 juillet 1843, fut à son tour nommé par le préfet.

Le 17 octobre 1847, il fit adopter au conseil le principe que chaque année, "tous les excédents de recettes de quelque provenance qu'ils soient seront consacrés aux réparations à faire dans le presbytère ou l'église". 

La constitution de 1848 établit le suffrage universel (des hommes de plus de 25 ans) et stipula dans son article 79 que désormais - « Les conseils généraux et les conseils municipaux sont élus par le suffrage direct de tous les citoyens domiciliés dans le département ou dans la commune. » 

  • Millet

Elu par le conseil municipal le 24 septembre 1848, François Nicolas Millet, de nouveau maire,  abandonna le projet d'une construction d'une nouvelle église mais fit néanmoins voter une imposition extraordinaire de mille francs  « pour subvenir à l'insuffisance des revenus ordinaires et extraordinaires de l'exercice 1849, à savoir 400 francs pour le salaire du garde champêtre, 200 francs pour le supplément de traitement du Desservant et 300 francs pour les dépenses ordinaires. »

François Nicolas Millet fut toutefois suspendu par le préfet puis révoqué en mai 1850 par le Président (Louis-Napoléon Bonaparte) pour avoir terminé un discours d'anniversaire de la République adressé à la Garde Nationale par ces mots : « vive la république démocratique et sociale ».

Il n'habitait plus la commune dès 1852.

 Le 2 décembre 1851, Napoléon III il s'empara du pouvoir et les maires comme les conseils municipaux républicains furent révoqués et dissous, remplacés par des maires à nouveau nommés. Le rétablissement de l'Empire intervint le 7 novembre1852.  

  • Lebiguais

Quentin Lebiguais remplaça Millet en 1850 et démissionna en 1853. 

  • Charron

Charles Victor Charron, commissaire de police principal à La Rochelle, fut nommé par le préfet pour assurer l'intérim. 

  • Rabardeau

Nommé maire par arrêté préfectoral le 16 juillet 1853, il prit ses fonctions le 21 du même mois.

La loi sur l'organisation municipale, fut votée le 5 mai 1855 et les élections municipales fixées aux 28 et 29 juillet 1855, et ensuite tous les cinq ans. Le maire, nommé par le préfet n'était pas forcément membre du conseil municipal. Cependant, une circulaire ministérielle du 29 juin 1865 admettait officiellement que le maire devait être de préférence choisi au sein du conseil municipal.

Le Second Empire accepta que tous les citoyens votent, mais il ne tolèrait pas les opposants, et, la veille du scrutin, le garde champêtre portait à chaque électeur le bulletin officiel. Le candidat de l'opposition distribuait lui-même ses bulletins avec grandes difficultés. Ne pas suivre les directives des notables et des curés pouvait être aussi dangereux. L'Eglise était le soutien le plus actif de l'Empire. 

  • Lebiguais

Il fut nommé le 8 avril 1958 en vertu de l'autorisation préfectorale du 2 avril courant. 

  • Paraud

Le 16 juillet 1858, Henri Paraud, architecte, remplaça Quentin Lebiguais qui avait démissionné en sa faveur. (Il était toujours maire en 1870).

Les dernières élections municipales du Second Empire eurent lieu en août 1870. Les conseillers élus ne siégèrent pas très longtemps, puisque le désastre de Sedan, le 2 septembre 1870, vit la fin de l'Empire et le rétablissement de la République.

Le costume particulier du maire et de ses adjoints avait été redéfini par le décret du 1er mars 1852.

Sans doute pourrait-il être  réjouissant d’imaginer quelques uns de nos édiles actuels le porter …  

« Habit bleu, broderie en argent, branche d’olivier au collet, parements* et taille, baguette au bord de l’habit ; gilet blanc ; chapeau français à plumes noires, ganse brodée en argent ; épée argentée à poignée de nacre ; écharpe tricolore, avec glands à frange d’or. Petite tenue : même broderie au collet et parements ».

 Le costume des adjoints était ainsi défini : « Coins brodés au collet, parements, taille et baguette. Petite tenue : coins au collet et parements. Echarpe tricolore à franges d’argent». 

Le port du costume était obligatoire pour les maires et adjoints « dans les cérémonies publiques, et toutes les fois que l’exercice de leurs fonctions peut rendre nécessaire ce signe distinctif de leur autorité ».  

Seul le port de l’écharpe tricolore, obligatoire par le maire et ses adjoints fut vraiment observé et il s’agit là du seul élément qui subsistera jusqu’à nos jours.

 (voir www.bourgogne.cybercommunes.com/.../105492_Seconde_Republique_puis_Second_Empire.pdf

 

 Le 8 octobre 1876, Henri Paraud fut confirmé comme maire.

  • Suire

Le 25 avril 1880, c'est Pierre Suire qui succéda à Paraud, élu avec 10 voix.

  • Pillot

Le 20 mai 1888, Maurice Pillot obtint 8 voix et fut maire à son tour.

  • Germain

Mais le 15 mai 1892, Maurice Pillot n'obtint cette fois que 3 voix contre 8 à un nouveau venu, Jean-Louis Germain qui prit donc le fauteuil de maire.

Jean Louis Germain fut réélu le 15 avril 1900 avec 9 voix mais il mourut en cours de mandat en janvier 1901.

  • Morin

Victor Morin succéda le 9 mars 1901 au maire décédé par 6 voix après trois tours de scrutin, mais fut à son tour réélu par 8 voix le 15 mai 1904.

  • Damour

Le 20 mai 1907, c'est Jules Damour qui fut élu maire.

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