chapitre deuxième : Thairé d’antan ... âge roman, âge gothique, les seigneuries ecclésiastiques

L’âge roman

Le document écrit le plus ancien fut en 923 une charte de Saint-Cyprien de Poitiers où il est question de 171 aires de marais.

Au XIème siècle, le terroir de la paroisse de Thairé était partagé entre des ordres religieux : au Nord, les Templiers, au Sud le Prieuré de la Fondelay (abbaye de Saint-Maixent), au Sud-Ouest des possessions de l’Abbaye de Saint-Léonard des Chaumes. Les guerres entre féodaux permirent aux ordres religieux d’étendre leurs possessions. Les Templiers attirèrent des défricheurs (main d’œuvre servile ou salariée) et firent construire le quartier du Temple et le quartier du Chais-Vailteau. Une église romane fut édifiée au XIIème siècle mais incendiée pendant la Guerre de Cent Ans, ainsi qu’une partie du village. Elle fut reconstruite en style gothique au pied du donjon et consacrée en 1330.

L’âge gothique

Thairé faisait partie de la banlieue de La Rochelle telle que délimitée en 1373 par Charles V.

Les seigneuries ecclésiastiques

La paroisse couvrit au plus 2000 hectares. Les seigneuries de la Garde-aux-Valets, de Charmeneuil en dépendirent ainsi que La Gravelle en 1714. La paroisse de Mortagne-la-Vieille fut rattachée à Thairé en 1827.

Les seigneuries ecclésiatiques étaient trois : la Commanderie des Templiers, le Prieuré de la Fondelay, Saint-Léonard-des-Chaumes.

Le prieuré de la Fondelay

Il dépendait de l’abbaye de Saint-Maixent (Ordre de Sant-Benoît). La charte de 923 indiquait :

« Le lévite Ingobert vendit à Martin, abbé de Saint-Cyprien, sa terre située en Aunis, sous la ville de Voutron, dans le marais appelé Vinzelle : 120 aires en un endroit et 51 en un autre endroit ; ces biens sont limités de trois côtés par la terre de Saint-Maixent, du quatrième par l’étang public ; en plus une terre déserte sous la villa de Vinzelle pour faire des aires, dans la terre de Saint-Martin. »

Les XIème et XIIème siècles furent marqués par les luttes entre les seigneurs de Châtelaillon et les abbés de la Fondelay pour la possession des marais.

En 1110, le Pape Pascal II mit l’abbaye de Saint-Maixent sous la protection du Saint-Siège. Les métairies de la Grande Aiguille, de Chaumont et du Petit Passage étaient dans la mouvance de la Mense abbatiale.

Saint-Léonard-des-Chaumes

Cette abbaye possédait à Thairé des terres, des bois, des taillis, des prés et un fief ayant tous droits de juridiction.

« …item, le fief appelé le fief de Saint-Léonard, assis en ladite paroisse de Thairé et aussi qu’il se comporte avec tous droits de juridiction, cens, rentes, complants, terrages, droits de ventes et honneurs et autres généralement quelconques…et se tient ledit fief d’une part au cimetière dudit lieu de Tayré et chemin par lequel on va de Thairé au Pontreau et d’auttres au grand chemin par lequel on va de Tayré à Mortagne, d’aultre part à un auttre grand chemin par lequel on va de  Voutron à Croix-Chapeau, et d’auttres aux maisons et jardin de la cure et aux douves de la dicte église de Tayré. »

L’ordre du Temple

Thairé faisait partie de la province templière du Poitou et de la Baillie de La Rochelle.

La maison du Temple de Thairé

Annexée à celle de Bourgneuf, la Commanderie templière de Thairé était cependant une seigneurie particulière dépendant du grand prieuré d’Aquitaine.

En 1228, les Templiers de Thairé reçurent des dons d’Hugues de Ciré.

En 1281, une charte du commandeur de Temple de La Rochelle, Guillaume Daulège, confirme un bail donné à Pierre Tonnay de Rose.

D’autres actes de 1297, 1300 et 1302 confirment l’origine templière de Thairé :

En 1297, Hugues de Surgères, pour s’acquitter d’une dette envers Guillaume de Legé, cède en gage les droits de seigneurie qu’il possédait sur Thairé.

En 1300, Hugues de Surgères n’ayant pas réglé sa dette, le Commandeur fut mis en possession de la seigneurie de Thairé.

En 1302, à l’issue d’un procès, les Templiers et après eux les Hospitaliers acquirent définitivement la seigneurie.

L’ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem

L’ordre entra en possession des biens de l’ordre du Temple en 1313 à la suite de sa dissolution par Philippe le Bel.

La Commanderie de Thairé

En 1392 (26 janvier), les habitants reçurent de la Commanderie « droict de chasser et prandre avec chiens et cordes bestes rousses, noires et sauvages, pescher poissons et prandre oiseaulx, et avec ce, prandre l’herbage pour leurs bestes en ladite terre de ladite Prévosté de Vouttron…À condition que quand ils prandront sangliers ou cerfs, ils seront tenus d’envoyer au château de Rochefort, c’est assavoir du sanglier la teste et les quatre pieds, et du cerf la jambe et le cimier… ».

La guerre de Cent Ans dévasta le pays et les Commanderies. En 1441, « la dite Commanderie […] estait en friche et en ruine et y avait si fort buissons dedans l’église et à l’entour d’icelle, aussi dans les mazureaux, que ledit Boissière [à qui avait été donnée la Commanderie] mit plus de onze jours pour approcher des dits églises et mazureaux. ».

Les guerres de Religion des XVIème et XVIIème siècles ruinèrent à leur tour la Commanderie.

De 1596 à 1624, le prieur fut Pierre Green de Saint-Marsault.

Démembrement de la Commanderie

La Commanderie de Thairé avait la seigneurie directe sur le bourg de Thairé divisé en 10 quartiers et sur les fiefs suivants : fief de la Cave, fief Chausset, fief de La Jarrie, fief des Hautes Coutures, fief Ségatine, fief de Thairé, fief commun, fief nouveau, fief Le Roy, fief des Chaussattes, fief des Coutures (Coulavache), fief Bouribeau, fief des Muguettes, Petit fief de l’Ouchette, fief des Basses Coutures, fief des Bois.

Les tenures ascencées en 1786 couvraient environ 250 hectares. Les fiefs en possession des seigneurs vassaux dépassaient ce nombre.

Au cours des temps, la Commanderie de Thairé avait perdu la seigneurie utile de nombreux fiefs : d’abord ceux de la seigneurie de Dirac, tenus sous condition « de foy et hommage lige à un marc d’argent à muance de vassal et au tiers d’iceluy à muance de seigneur. »

D’autres seigneuries voisines devaient également divers devoirs :

Le seigneur de Châtelaillon payait 20 livres de rentes pour des bois attenant au fief des Bois.

La châtellenie de Ciré était redevable d’une rente annuelle de trois boisseaux de froment et un boisseau d’avoine.

Un cens de trois pipes de vin blanc était dû annuellement par le seigneur de la Garde-aux-Valets.

Un cens identique était payé par la seigneurie de Mortagne-La-Vieille, qui, en outre, avouait tenir de la commanderie, à foi et hommage lige, une pièce de bois taillis au devoir d’une paire de gants appréciée 5 sols.

Les seigneuries laïques qui profitèrent du démembrement de la commanderie étaient nombreuses : la châtellenie de Dirac, la seigneurie de Mortagne-La-Vieille, la seigneurie de la Garde-aux-Valets, la seigneurie du Rozé, la seigneurie de Charmeneuil, la seigneurie de La Gravelle.

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