Histoire du Thou

 

Histoire du Thou

 

« Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime » (éditions Flohic, 2002), nous indique que :

  • Le Thou aurait été au départ ( ?) d’une voie romaine en direction du sud.
  • À l’époque des Invasions barbares, les habitants de Sigogne auraient creusé des abris souterrains et élevé une forteresse pour se protéger.
  • Au Moyen-Âge, deux seigneuries se partageaient le territoire, toutes deux sous l’influence directe de la châtellenie de Rochefort et démantelées à la Révolution.
  • Les guerres de Religion frappèrent la paroisse, dont l’église fut en partie détruite.
  • La fin de l’époque moderne fut marquée par d’importants défrichements qui permirent la culture de la vigne.
  • En 1857, la commune fut marquée par la construction de deux voies de chemin de fer : d’ouest en est, la ligne Niort-La Rochelle et du nord au sud, celle de La Rochelle-Rochefort.
  • À la fin des années 1860, enfin, elle fut très touchée par la crise du phylloxéra.

La mairie a été construite en 1913 en pierres de taille à la place des anciennes halles. En 1971, une cassette en plomb fut découverte dans sa façade  par l’entrepreneur chargé des réparations. Elle contenait un état des lieux de la commune à cette époque (1913) ainsi que des pièces de monnaie et quelques cartes postales. De nouveaux documents furent alors ajoutés à ce trésor par le maire Jean Chaussat, avant qu’il ne soit remis en place.

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 Ce paragraphe est erroné et il concerne en réalité la mairie de Thairé d'Aunis comme l'a si bien remarqué Michel Bernard dans son commentaire (voir en bas de page).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Château de Cigogne

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Avant la Révolution, ce château, construit en 1470, était la propriété de la famille Du Fay. Ce bâtiment allongé présente sa principale façade au sud, ponctuée par les cinq œils-de-bœuf qui éclairent le dernier étage. Les murs sont épais de 80 centimètres et font 9 mètres de haut. À l’intérieur, les pièces sont grandes et très élevées. Dans la cour, excepté le puits, toutes les dépendances sont en ruine. Il semble que ce lieu fut un quartier des troupes royales pendant le siège de La Rochelle en 1628.

D’après Claude Moinet, « Cigogne » s'appelait autrefois « Sigogne » : « Au XVIIème siècle,  existait en effet à Mandroux un château disparu aujourd’hui qui constituait la principale seigneurie de la commune. Laissant à son fermier le soin de faire rentrer les redevances de ses paysans, le seigneur habitait ce château de Sigogne, paroisse du Thou, étant à la fois, seigneur de Sigogne, Mandroux et autres places ; c’est ainsi que nous trouvons dans l’Extrait de l’Etat des paroisses de la généralité de La Rochelle, avec l’imposition de l’année 1698, le nom du seigneur à qui l’on payait redevance pour la production du terroir : « Forges 1710 livres à Monsieur de Sigogne Blé, vin et peu de pacages ». Ce seigneur était Benjamin de Magné, fils ainé du feu Benjamin de Magné et de Sylvie Boilesve. »

En 2012 le château de Cigogne fut mis en vente 300 000 euros par son propriétaire, Romuald Ferrari qui l’avait acquis en 1984, acheté alors à un agriculteur de la commune.

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Voir ici l’article de Sud-Ouest.

Église Saint-Pierre

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Elle dépendit dès sa construction en pierre de taille et moellons, au XVIIème siècle, du chapitre de Soubise. Endommagée lors des guerres de Religion elle resta longtemps en mauvais état. La nef, bordée par un unique bas-côté, mène à un chevet largement éclairé par une baie à colonnettes à bases prismatiques. Son mur sud, dégagé depuis la fin du XXème siècle est peut-être d’époque romane. L’édifice renferme une pierre tombale portant plusieurs blasons très abîmés, mais dont certains sont identifiés comme étant ceux de la famille de Maignés, seigneurs de Cigogne aux XVème et XVIème siècles.

Puits, calcaire, bois de chêne et métal

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Ce puits, qui ne semble pas se tarir, est commun à toutes les familles des abords. L’eau se puise au seau à l’aide d’une poulie où circule la chaîne. La poulie est fixée à la charpente en chêne, laquelle est recouverte de tuiles de pays. Ce toit repose sur deux piliers de pierres de 2,20 mètres de hauteur et 0,55 mètres de côté. Ils sont situés de part et d’autre de la margelle, laquelle est très usée par le frottement de la chaîne.

Gare, pierre de taille et moellon

L’arrivée du chemin de fer date de 1857, année où le tracé définitif et l’implantation des bâtiments sont réalisés avec l’embranchement vers La Rochelle (19 km) et directement vers Rochefort (17 km) afin d’éviter le passage par le littoral via La Rochelle (48 km) mais aussi par précaution militaire.

Le jugement d’expropriation des terres rendu le 7 avril 1855 par le tribunal de première instance de Rochefort accordait à la Compagnie Paris-Orléans 1749,36 hectares concernant 341 parcelles.

Le 14 mai 1887, la gare fut  rebaptisée « Gare d’Aigrefeuille » en lieu et place de « Gare de Charmeneuil », sans même que l’on demandât l’avis du conseil municipal. Le changement du nom de la gare se produisit en août 1886 lors de la venue du Président de la République Sadi-Carnot pour l’inauguration du port de La Pallice. Le maire, M. Bouyer, fut reçu dans le train arrêté en gare et plaida en faveur du nom « Gare du Thou-Aigrefeuille », le président lui donna toute satisfaction…Le décret date du 18 décembre 1890. La tranche directe vers Rochefort fut fermée au trafic en 1938 et déclassée en 1954, malgré son usage comme voie d’essai. La marquise qui couvrait les voies face à la gare fut démontée en 1948.

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La Rotonde

Le bâtiment fut construit entre 1857 et 1860 par la Compagnie de Paris-Orléans pour l’entretien et la réparation des locomotives à vapeur du chemin de fer. Le déclin de cette activité commença dès 1923 et elle cessa en 1938. Depuis les années 1950, le bâtiment fut utilisé à des fins agricoles.

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Moulins à vent

Il semble que deux moulins aient existé au Thou. L'un d'eux a été détruit dans les années ciquante et ses matériaux ont servi à a construction d'un bâtiment d eferme au lieu-dit "le moulin".

L'autre est encore visible.

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Le 4 septembre 1864, Alexis Margat déposa sa signature sur la pierre de meule inférieure, certificat du constructeur et acte de naissance du moulin. La mise en service réelle eut lieu le 15 juillet 1865 par Alexandre Reyez et le moulin tourna sans arrêt jusqu‘en 1919, quand son propriétaire partit à la guerre, d’où il ne revint pas.

Un voisin remit le moulin en activité et quelques années plus tard, il était assisté par le fils Reyez, né en 1908. Ce dernier se maria en 1931 mais une avarie immobilisa le moulin jusqu‘en 1932. M. Reyez supprima alors les ailes et motorisa le moulin pour le faire fonctionner.

Survint la Seconde guerre mondiale. Le moulin servit de poste aux FFI pour surveiller les troupes allemandes. L’activité reprit, à broyer et moudre des céréales secondaires, « la mouture à façon ».

En 1961, après quatre-vingt-dix-sept ans de bons et loyaux services, le moulin cessa de moudre, tout comme M. Reyez, qui mit fin à la quatrième génération de meuniers dans la commune par une retraite méritée.

Mécanisme

Le mécanisme du moulin fut mis en place en septembre 1864 par un dénommé Alexis Margat. Les rouages crantés étaient en bois de cormier, un bois très dur qui supporte les frictions avec un minimum d’usure. Même quand les ailes furent supprimées, le mécanisme resta le même, bien qu’il fût accouplé à un moteur diesel beaucoup moins contraignant pour l’utilisation et nécessitant moins de main d’œuvre.

Monument aux morts 

Le monument aux morts fut érigé en 1921 au cours du mandat du maire Constant Charron. Construit en pierre de taille, pour la somme de 7500 francs il était l’œuvre de l’entreprise Doucet de Surgères. Cette construction fut surmontée d’un coq dont la tête a été enlevée, victime d’une balle ou d’un éclat d’obus en 1944 ou 1945.

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Écoles 

Grâce à la ténacité du maire, Joseph Deplanne, une école maternelle fut construite en 1981 avec 2 classes, en RPI (rassemblement pédagogique intercommunal) avec Ardillères et Landrais. Une 3ème classe a été créée depuis tandis que l'école élémentaire était rénovée et qu'une médiathèque lui était adjointe. Le groupe scolaire s'appelle désormais "groupe scolaire Deplanne".

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Des fresques  peintes en 1985 sur l'école maternelle furent le prétexte d'un projet initié par Térésa Montiel, plasticienne et réfugiée politique chilienne, qui avait déjà décoré l'unité des 400 à Villeneuve-les Salines et fit  participer les habitants à leur réalisation.

Voir l'article : article-de-journal-s-o-page-2.pdf article-de-journal-s-o-.pdf

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D'autres fresques furent peintes également côté cour en 1989. Voir l'article de Sud-Ouest du 12 mars 1989.article-de-journal-s-o-page-1.pdf : article-de-journal-s-o-page-1.pdf 

 

Une rénovation de ces fresques fut menée à bien en 2006.

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La Révolution au Thou

Concernant la période révolutionnaire au Thou, cette pétition adressée à l’Assemblée Constituante par les habitants du Thou le 5 mars 1790 au sujet de la révocation des droits féodaux  (document publié dans « La Rochelle, Ville Frontière », éditions Rumeur des Âges, 1989 et cité par le site « Histoire Passion »), nous interpelle :

 "Votre célèbre assemblée veut détruire les droits féodaux. Dieu en soit loué, nous ne serons plus poursuivis par les procureurs fiscaux. Mais on nous dit aussi que vous ne vouliez plus que l’on nous donne de terre au huitième et au dixième. Que deviendrons-nous et nos enfants, nous ne serons donc plus que des journaliers sans pouvoir de posséder de propriété… Vous avez dit dans vos décrets que l’on pouvait racheter les droits de fruits et les terres, mais ces rachats ne sont que pour les gens riches. Nous ne pouvons pas le faire ainsi, nous autres pauvres paysans, nous ne serons pas plus heureux et au contraire…

Dites donc messieurs dans vos ordonnances que nous pouvons avoir des terres comme ci devant à la charge d’une redevance en fruits, car sans cela nous sommes tous ruinés. Notre seigneur dit qu’il va affermer toutes les terres incultes et en faire une métairie, ainsi une seule personne aura ce qui fait vivre cinquante famille.. Il faut donc que nous abandonnions le pays, mais où irons-nous donc avec nos femmes et les enfants. Trouvez donc un moyen, messieurs pour nous faire avoir des terres car sans cela nous serons bien plus malheureux que nous étions."

L’explication en est à chercher, comme l’explique « Histoire Passion », dans le contexte économique et social propre à l’Aunis :

 "Châteaux brûlés, refus de payer les droits féodaux ont été moins répandus en Aunis qu’en Saintonge. La passivité des paysans aunisiens peut s’expliquer par l’attachement et leur dépendance au seigneur local qui assurait leur survie, dans une conjoncture où la masse des paysans pauvres s’est accrue en même temps que leur appauvrissement.

Entre 1750 et 1789, la proportion des journaliers et laboureurs à bras est passée de 62 à 75 %.

Des crises ponctuelles se sont succédées dès 1750, aggravées par des conditions climatiques terribles favorisant la misère du peuple. (…)

De 1750 à 1789, l’économie rurale en Aunis n’a cessé de décliner : salines concurrencées par celles de Bretagne, eaux de vie qui se vendaient mal, production céréalière en diminution. Les mauvaises années se sont enchaînées, les semences sont devenues rares et trop chères.

Tous ces éléments cumulés ont creusé des écarts importants de fortune entre noblesse ou bourgeois qui tiennent les terres et les paysans (mais aussi entre paysans eux-mêmes). Pour le paysan pauvre, le fermage et même le métayage sont souvent inaccessibles. Ne lui reste alors d’autre alternative que l’exode rural ou bien rester dans la dépendance du propriétaire qui assure sa subsistance et celle de sa famille, en fournissant du travail." 

Des "ULM" au Thou

Fondé en 1983, au Breuil-Magné, Aéro-Focus, le club de passionnés d’aviation légère le plus ancien du département, après quelques vols de ses ULM (ultralégers motorisés) artisanaux, sur des terrains de fortune  a aménagé un « aérodrome », dans la commune du Thou.

Au fil des ans, il a conforté ses installations pour devenir, à ce jour, l’un des mieux équipés de la région. Une piste agrandie en 1987, puis balisée, la construction d’un premier hangar en 1989, d’un second en 1995, d’un club-house en 2000, ont permis un développement des activités aériennes dans le ciel de Charente-Maritime.

Affilié à la Fédération française planeurs et ULM depuis 1992, Aéro-Focus comptait en 2013 25 pilotes brevetés, et  18 engins volants. 

 Voir ici l'article de Sud-Ouest

  

 

 

 

 

Commentaires (2)

1. perignystory (site web) 06/01/2016

Vous avez en effet parfaitement raison en ce qui concerne la mairie et il y a dans cet article une regrettable confusion avec l'histoire de la mairie de Thairé. Dont acte.

2. BERNARD Michel (site web) 30/12/2015

Bonsoir,
Je viens de prendre connaissance de la partie de votre site relatif à la commune du Thou, que je ne connaissais pas encore.
Je connais bien cette commune où je réside depuis plus de 45 ans. J'y suis élu aussi depuis plusieurs mandats et je m'intéresse beaucoup à l'histoire de l'Aunis. Je suis aussi prospecteur en recherche archéologie aérienne.
J'ai noté un certain nombre d'imprécisions ou d'erreurs sur le chapitre du Thou.
Entre autres, au sujet de la mairie pour laquelle le texte doit être attribué, je pense, à la mairie de Thairé.
C'est encore le cas pour l'article sur les ULM, issu d'un article de Sud-Ouest. Cette association à été fondée au Thou et non à Breuil-Magné. La seule relation avec cette dernière commune est l'adresse ACTUELLE du siège de l'association. Lors de sa création (1983) son but n'avait rien à voir avec les ULM, mais avec la prise de vues aériennes. C'est seulement en 1987 que l'association a modifié ses buts et ses statuts pour évoluer vers l'ULM. La piste a été créée et non agrandie en 1987.
Je le sais d'autant mieux que je suis le fondateur de l'association et le créateur de l'aérodrome (sur lequel j'habite d'ailleurs). Cela ressort d'ailleurs de tous les documents officiels, tant dans les parutions au Journal Officiel que dans les différents courriers et arrêtés préfectoraux.
Je reste à votre disposition pour renseignements complémentaires dont vous pourriez avoir besoin. J'ai déjà été en contact avec vous il y a quelques années au sujet de l'archéologie en Aunis.

Michel BERNARD, pilote et photographe aérien professionnel,
Aérodrome Le Thou

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