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L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN EST EN GUERRE PERMANENTE !

L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN EST EN GUERRE PERMANENTE !

     L’impérialisme guerrier est historiquement consubstantiel aux États-Unis d’Amérique, et à leur régime économique capitaliste.

     Cet impérialisme passe essentiellement par deux canaux : l’économie et la guerre. Si on a souvent présente à l’esprit l’influence économique des États-uniens, on oublie trop que leurs interventions guerrières ont été constantes tout au long de leur histoire. Elles se sont appuyées sur une opinion publique conditionnée par une idéologie de supériorité et de domination sur le monde, égoïste, égocentrée ou même suprématiste.

     Les substrats idéologiques des interventions militaires

     Doctrine Monroe

     Les Étatsuniens ont ainsi progressivement étendu à la Terre entière la fameuse doctrine Monroe qui ne concernait à son origine “que“ les rapports entre l’Amérique et l’Europe. Tirée du discours du président républicain des États-Unis, James Monroe, en 1823, cette doctrine stipulait que les Amériques du Nord et du Sud n’étaient plus ouvertes à la colonisation et qu’en conséquence, toute intervention européenne dans les affaires du continent serait désormais perçue comme une menace pour la sécurité et la paix ; en contrepartie, les États-Unis s’engageaient à ne jamais intervenir dans les affaires européennes.

     Jefferson ajoutait de son côté : « Je confesse candidement avoir toujours regardé Cuba comme l’addition la plus intéressante qui puisse jamais être faite à notre système d’états. Le contrôle que cette île, avec la péninsule de Floride, nous assurerait sur le golfe du Mexique ainsi que sur les contrées et les isthmes qui le bordent, complèterait à la perfection notre confort politique. » (Cité par Leslie F. Manigat dans “Les États-Unis et le secteur caraïbe de l’Amérique latine).

      Dès le XIXème siècle, les États-Unis donnèrent un caractère impérialiste à cette doctrine Monroe et entreprirent de développer leur influence économique et politique en particulier sur la région des Caraïbes y compris au moyen d'interventions militaires. Leur objectif était de transformer la mer caraïbe en mare nostrum.

     C’est ainsi qu’entre 1891 et 1912, ils intervinrent militairement dans une dizaine de pays de la zone :  en 1891 à Haïti, en 1895 au Nicaragua, en 1898 à Porto Rico et à Cuba, en 1899 au Nicaragua, en 1902 au Venezuela, en  1903 en République dominicaine et en Colombie, en 1904 en République dominicaine et au Guatemala, en 1906 à Cuba, en  1907 en République dominicaine, en 1909 et en 1910 au Nicaragua, en 1910 et en 1911 au Honduras, en 1912 à Cuba, au Nicaragua et en République dominicaine et, hors Caraïbes, au Chili dès 1891.

     Diplomatie du dollar

     En pratiquant la « diplomatie du dollar », ils réalisèrent des interventions d'ordre financier aboutissant à l'établissement de contrôles états-uniens sur les finances de plusieurs états (Honduras, Nicaragua, République dominicaine, Haïti).

     « The diplomacy of the dollar » est une expression inventée par un journaliste américain pour critiquer la politique du président Taft entre 1909 et 1913, l’idée étant que ce président était lié et influencé par les banquiers de Wall Street. Cette expression, de simple critique, a ensuite pris un sens plus large, s’appliquant à la politique extérieure des États-Unis pour toute la première moitié du XXème siècle. La diplomatie du dollar, en ce sens, c’est l’intervention américaine dans les affaires étrangères via leur politique économique, via l’action des banquiers, des industriels, etc. C’est l’action d’agents économiques privés soutenue plus ou moins tacitement, officieusement par le gouvernement américain.

     La diplomatie du dollar, c’est une forme de relations internationales qui ne passe pas par les canaux traditionnels de la diplomatie, comme par exemple les relations entre dirigeants politiques. C’est une intervention plus couverte, plus indirecte, qui ne se fait pas seulement au nom des dirigeants politiques, et qui découle de la suprématie financière et économique qu’ont les États-Unis sur le monde. Cette forme de relations internationales menée par les États-Unis est née au début des années 1900, mais a connu son apogée à partir de la première guerre mondiale, spécialement à partir de 1917 et de l’entrée en guerre des États-Unis.

     Ils acquirent aussi des territoires comme la Louisiane achetée 5 millions de dollars à Bonaparte dès 1803, l’Alaska acheté 7 millions de dollars à la Russie en 1867, Porto Rico après la guerre contre l'Espagne en 1898 acheté 20 millions de dollars avec Cuba et les Philippines, et les Îles Vierges, achetées au Danemark en 1917 pour 25 millions de dollars.

     Certains États furent placés sous un statut proche du protectorat, comme Cuba, en vertu de l'amendement Platt (disposition votée en 1901 par le Congrès des États-Unis qui disposait les conditions du retrait des troupes américaines présentes à Cuba depuis la guerre hispano-américaine de 1898. Inclus dans la constitution cubaine, cet amendement définissait les termes des relations américano-cubaines et officialisait le droit d'ingérence des États-Unis sur la République de Cuba (Il restera valide jusqu'au traité des Relations de 1934) et de l'obtention de la base navale de Guantánamo, et au Panama, en vertu de la Constitution panaméenne (rédigée en partie par le consul américain) le déploiement permanent de forces américaines dans la zone du canal.

     Corollaire de la doctrine Monroe, Destinée Manifeste et Exceptionnalisme

     C’est aussi au début du XXème siècle que Theodore Roosevelt (président de 1901 à 1909) avait prononcé « le corollaire de la doctrine de Monroe ». « L’injustice chronique ou l’impuissance qui résulte d’un relâchement général des règles de la société civilisée peut exiger, en fin de compte, en Amérique ou ailleurs, l’intervention d’une nation civilisée et, dans l’hémisphère occidental, l’adhésion des États-Unis à la doctrine de Monroe peut forcer les États-Unis, à contrecœur cependant, dans des cas flagrants d’injustice et d’impuissance, à exercer un pouvoir de police internationalosait Roosevelt ; autrement dit, il ne prônait plus une neutralité absolue et affirmait que les États-Unis ne toléreraient pas que l'on s'oppose directement à leurs intérêts permettant ainsi de justifier les volontés d'expansion américaines vers les Philippines, Panama et Cuba, et de confirmer la place de l’Amérique latine dans la sphère d'influence des États-Unis. « L’intérêt national des États-Unis est de commander les mers adjacentes et de tenir l’adversaire (potentiel) loin de leurs côtes. »

     En 2012, le journal American Rationalist résumait les effets de la doctrine Monroe ainsi : « En 1823, la doctrine Monroe prononçait que les États-Unis ne devaient plus interférer avec les colonies européennes existantes dans le Nouveau Monde et a proclamé que les puissances européennes devaient laisser les colonies américaines seules. Les États-Unis ont ensuite pris la Floride aux Espagnols et se sont établis à l'ouest en contestant à la Grande-Bretagne les terres au-delà de la frontière de l'Oregon, en prenant le Texas en 1837, le Nouveau Mexique, l'Arizona et la Californie en 1848. Lorsque la guerre hispano-américaine a éclaté en 1898, l'Amérique profita de l'effet de levier de la Destinée manifeste pour annexer Guam, Porto Rico et les Philippines. »

     Destinée manifeste ? C’était le dogme selon lequel la nation américaine avait pour mission divine l'expansion de la « civilisation » vers l'Ouest. Elle était voulue par le Dieu tout-puissant dans son infinie sagesse et inscrite dans la nature elle-même. La destinée des États-Unis était donc de contrôler, à défaut de l’Amérique toute entière, au moins la région des Caraïbes pour y promouvoir les lumières de la civilisation anglo-saxonne et assurer le bien-être des populations de la zone. Aux yeux du président Jonhson (1867) c’était une question de “gravitation politique naturelle“ que la zone des Caraïbes, placée dans l’orbite des États-Unis, soit absorbée par ceux-ci. Le sénateur Elihu Root, reprit la théorie à son compte en 1912 : « Notre destinée manifeste comme contrôleur des destins de toute l’Amérique est un fait inévitable et logique…C’est une question de temps pour que le Mexique, l’Amérique centrale et les îles qui nous manquent encore dans la mer des Antilles soient placés sous notre domination » (ouvrage cité).

     Défendue par les républicains-démocrates aux États-Unis dans les années 1840, plus particulièrement par les « faucons » sous la présidence de James Polk (de 1845 à 1849), cette théorie de la destinée manifeste sera réactivée au milieu du XXème siècle par la doctrine de « l'Exceptionnalisme américain » qui considérait que les États-Unis occuperaient dans le monde une place spéciale en termes de sentiment national, d'évolution historique, d'institutions politiques et religieuses.

     L’impérialisme américain, imprégné de destinée manifeste, en a été l’héritier.  George W. Bush au cours de ses deux mandats s’est à son tour réclamé d’une destinée manifeste, d’une mission divine.

     Quant à Trump, le dernier avatar de cet impérialisme, c’est la caricature triviale de la doctrine Monroe : “tout m’est dû car je suis le meilleur“ !

     Extraterritorialité et rétroactivité des lois US : la loi Helms-Burton

     Les États-uniens voudraient même désormais que leurs lois nationales aient un caractère d’extraterritorialité (qu’elles s’appliquent non seulement sur leur territoire mais au monde entier). C’est particulièrement le cas des lois d’embargo contre Cuba qui leur permettent de réaliser un blocus intransigeant. La loi américaine dite Helms-Burton, et en particulier son chapitre III prévoit des sanctions à l’encontre d’entreprises et de particuliers d’États tiers supposés profiter de biens ayant appartenu à des ressortissants américains et expropriés par le gouvernement cubain. Elle comporte des dispositions d’application extraterritoriale qui sont contraires au droit international et aux engagements internationaux des États-Unis. (Début d’une question écrite au gouvernement du sénateur français Xavier de Villepin en 1996).

     Cette loi Helms-Burton, votée en 1996, prohibait à n’importe quelle personne ou entreprise dans le monde de « trafiquer » avec des biens américains qui avaient été nationalisés par Fidel Castro dans les années 1959 - 1961. Elle s’appuyait donc sur deux piliers, tous deux illégaux au regard du droit international : l’extraterritorialité et la rétroactivité. Jamais appliquée jusqu’à récemment, elle a été réactivée par l’administration Trump.

     235 ans de guerres

     On peut donc affirmer que cet impérialisme interventionniste a été une constante de l’histoire des États-Unis d’Amérique. De fait, depuis leur fondation et la fin de leur guerre d’indépendance (1775-1783), Les États-Unis ont presque toujours été en guerre.

     La liste suivante comprend plus de 150 interventions militaires directes (guerres, envoi de forces armées des États-Unis) et indirectes (soutien logistique à des gouvernements ou à des mouvements, activité des services secrets) effectuées par les États-Unis d’Amérique en un peu plus de 235 ans.

     7 champs d’intervention guerrière pour le dernier quart du XVIIIème siècle :

  • 1775 à 1783 : Guerre d'indépendance des États-Unis.
  • 1775-1776 : au Canada et dans l'Atlantique au cours de la guerre d'indépendance des États-Unis.
  • 1776-1795 : guerres contre les Cherokees. Poursuite de la Seconde guerre cherokee, au cours de laquelle de nombreuses tribus autochtones tentent de mettre un terme à l'expansion des colons dans le Kentucky et le Tennessee.
  • 1785-1795 : guerre amérindienne du Nord-Ouest, également connue sous le nom de guerre de Little Turtle, qui opposa les États-Unis à une confédération de plusieurs nations amérindiennes pour le contrôle du Territoire du Nord-Ouest.
  • 1798 à 1800 : quasi-guerre, conflit naval contre la France révolutionnaire. Mer des Antilles et côtes nord-américaine de l'Atlantique. Terminé par le traité de Mortefontaine.
  • 1799 : Fries Rebellion (Pennsylvanie).

     Conquêtes et dominations

     On peut dénombrer plus de 70 champs d’intervention au XIXème siècle !

  • 1801 à 1805 : guerre de Tripoli plus connue sous le nom de guerre barbaresque, le bey de Tripoli et ses alliés de Tunis et d'Alger déclarent la guerre aux États-Unis qui ne voulaient plus payer de tribut pour le passage de leurs navires.
  • 1806 : l'expédition d'exploration Pike pénètre en territoire espagnol aux sources du Rio Grande.
  • 1806 à 1810 : des navires de la marine américaine attaquent des navires corsaires français et espagnols dans les Caraïbes.

     Bataille de La Nouvelle-Orléans, fin de la Guerre anglo-américaine de 1812, 1815.

  • 1810 : invasion de la Floride occidentale, possession espagnole dont elles s'emparent.
  • 1812 : des troupes s'emparent d'Amelia Island (Floride) et des territoires adjacents.
  • 1812 à 1815 : guerre anglo-américaine de 1812 avec l'Empire britannique, comprend des opérations navales et terrestres.
  • 1813 : les forces américaines s'emparent de Nuku Hiva dans les îles Marquises et établissent brièvement la première base américaine dans le Pacifique.
  • 1815 : seconde guerre barbaresque contre la régence d'Alger, dirigée par le commodore Stephen Decatur, qui force le dey Omar à signer un traité mettant fin aux attaques de navires américains par les corsaires barbaresques.
  • 1816 : Les forces américaines détruisent Negro Fort en Floride.
  • 1816 à 1818 : Première guerre séminole.
  • 1832 : Première expédition de Sumatra.
  • 1835 à 1842 : Deuxième guerre séminole.
  • 1838 : Bombardement de Muckie à Sumatra, un détachement de Marines protège des citoyens américains.
  • 1838-1839 : Seconde expédition de Sumatra.
  • 1841 : Expédition punitive à Samoa.
  • 1843 : combats en Côte d'Ivoire dans le cadre de la lutte contre le commerce des esclaves.
  • 1846 : Bataille du Resaca de la Palma (guerre contre le Mexique).

     Attaque de Sonoma en Californie.

  • 1846-1848 : guerre contre le Mexique, les États-Unis d'Amérique annexent la moitié du territoire mexicain. Ce territoire est maintenant réparti entre 6 États : la Californie, le Nevada, l'Utah, l'Arizona, le Nouveau-Mexique, et une partie du Colorado.
  • 1852, 3 au 12 février, 17 septembre et en avril 1853 : en Argentine, les Marines s'installent à Buenos Aires pour protéger les intérêts américains durant une guerre civile.
  • 1853 : au Nicaragua, protection des citoyens et des intérêts américains pendant des troubles politiques.
  • 1853 et 1854 :
    • Japon, le commodore Matthew Perry oblige le Japon à s'ouvrir à l'Occident avec la convention de Kanagawa en 1854.
    • Archipel Ryūkyū et archipel d'Ogasawara. Le contre-amiral Perry utilise la force de dissuasion de sa flotte navale envers les autorités de Naha, sur l'île d'Okinawa, qui lui accordent la gestion d'une concession minière, les îles de Bonin, ainsi que des facilités commerciales.
  • 1854, 13 juillet : Côte des Mosquitos, en représailles à une blessure faite à un consul américain en poste au Nicaragua par des rebelles qui voulaient percevoir des taxes, bombardement et destruction de Greytown (San Juan de Nicaragua).
  • 1855 à 1858 : Troisième guerre séminole.
  • 1855, 25 au 29 novembre : en Uruguay, intervention américaine et européenne pour protéger leurs intérêts lors d’une tentative de révolution à Montevideo.
  • 1856 :
    • En Chine, octobre et novembre, débarquement des marines à Canton lors de la seconde guerre de l'opium entre Chine et Royaume-Uni.
    • République de Nouvelle-Grenade, (région de Panama), débarquement des marines pour la protection des intérêts et ressortissants étrangers lors d'une insurrection.
  • 1858 :
    • Fidji, 6 octobre, débarquement des marines.
    • Uruguay, janvier, les marines débarquent à Montevideo avec des forces d'autres pays durant la révolution de 1858 en Uruguay pour la protection des ressortissants étrangers.
  • 1859 :
    • Chine, pendant la seconde guerre de l'opium, les troupes américaines débarquent à Shanghai du 31 juillet au 2 août afin de protéger les intérêts américains.
    • Mexique, des troupes traversent le Rio Grande à la poursuite de bandits.
    • Paraguay, d'octobre 1858 à février 1859, déploiement d'une importante force navale.
  • 1860 :
    • Angola portugais, intervention afin de protéger les citoyens et des biens américains lors d'une révolte indigène à Kissembo contre le Portugal.
    • Colombie (région de Panama), déploiement de forces navales.
  • 1861 – 1865 :  guerre de sécession
  • 1862 : début de la guerre des Sioux.
  • 1863, 16 juillet : Japon, bataille navale de Shimonoseki contre le Domaine de Chōshū.
  • 1864, 14 juillet au 3 août : Japon, des troupes débarquent à Yedo (actuellement Tokyo) pour une démonstration de force.
  • 1865 : Colombie (région de Panama), débarquement des marines.
  • 1866 :
    • En Chine, débarquement des marines à Yingkou après l'attaque d'un consul et de ses gardes.
    • 1866 : Au Mexique, des troupes entrent au Mexique et s'emparent de Matamoros, puis se retirent.
  • 1867 :
    • Nicaragua 6 septembre, les marines débarquent à Managua et León.
    • Taïwan, 13 juin débarquement des marines suite au meurtre de l’équipage d'un navire marchand américain.
  • 1868 :
    • Japon, les forces navales américaines sont déployées à Osaka, Hyōgo, Nagasaki, Yokohama et Nagata pour la protection des ressortissants étrangers durant la guerre de Boshin.
    • Uruguay, février : les marines débarquent à Montevideo à la demande des autorités uruguayennes pour la protection des ressortissants étrangers durant une insurrection.
    • Colón (ville du Panama), avril, débarquement des marines devant l'absence de police pour assurer la sécurité du chemin de fer du Panama.
  • 1871 : Corée, expédition de Corée.
  • 1873 : Colombie, déploiement de forces.
  • 1874 : Hawaï, débarquement des marines.
  • 1876 : Au Mexique, l'armée occupe à nouveau Matamoros.
  • 1876 : Bataille de Little Big Horn perdue contre les Sioux (Montana).
  • 1882 : Khédivat d'Égypte, 14 juin, débarquement de troupes durant un bombardement britannique durant la guerre anglo-égyptienne pour assurer la protection des ressortissants américains.
  • 1885 :
    • Colombie (Région de Panama), des troupes débarquent à Colón et à Panama.
    • Samoa, déploiement d'une force navale.
  • 1888 : Haïti, débarquement de troupes.
    • Samoa, débarquement des marines.
  • 1889 : Samoa, confrontation avec les forces navales allemandes.
    • Argentine, la marine débarque à Buenos Aires.
    • 1890 : massacre de Wounded Knee. (Dakota du Sud).
  • 1891 : Chili, la marine américaine débarque dans la grande ville portuaire de Valparaíso.
    • Haïti, les marines débarquent sur l'île Navassa revendiquée par les États-Unis.
  • 1893 : Hawaï, les États-Unis renversent la monarchie constitutionnelle et mettent en place un gouvernement « provisoire » sous l'autorité de Sanford Ballard Dole, annexion définitive en 1898.
  • 1894 : Nicaragua, intervention à Bluefields afin de protéger les intérêts des États-Unis à la suite d'une révolution.
  • 1898 : Guerre hispano-américaine avec comme motif la libération de Cuba de la tutelle espagnole. Les États-Unis imposent la possibilité d'investissements financiers et un droit d'ingérence dans les affaires intérieures du pays. Construction d'une base militaire.
  • 1898 toujours dans le cadre de la guerre hispano-américaine :
    • Porto Rico, Hawaï, Wake, Guam
    • Philippines
  • 1898-1901 : Guerre hispano-américaine. Suite à l'insurrection de Cuba contre les Espagnols, des navires américains sont envoyés pour protéger les intérêts US dans l’île, puis un gouvernement militaire d'occupation est mis en place par les États-Unis le 1er janvier 1899, jusqu'en 1902.
  • 1899-1902 : Guerre américano-philippine (la guerre dura en réalité 14 ans et le protectorat états-unien perdurera jusqu’en 1946).

Rempart du monde libre (= du commerce libre)

Les neuf premières décennies du XXème siècle voient les USA, outre leur participation aux 2 guerres mondiales, et à trois guerres de longue durée (Corée, Vietnam, Moyen-Orient), intervenir militairement sur au moins une cinquantaine de théâtres d’opérations et sur tous les continents !

  • 1900 : Chine, participation à l'Alliance des huit nations qui intervient à Pékin pendant la révolte des Boxers.
  • 1903 : Colombie, aide à une révolte, visant à la séparation de ce qui deviendra la république de Panama en vue de la construction du canal de Panama.
  • 1903 : intervention en République dominicaine.
  • 1906-1909 : interventions à Cuba.
  • 1909 : intervention au Honduras.
  • 1910, 1912, 1913 : troupes d'occupation au Nicaragua.
  • 1914, 21 avril au 3 novembre : troupes d'occupation à Veracruz, Mexique.
  • 1914 : débarquement de troupes américaines à Haïti, qui y restent jusqu'en 1934.
  • 1916-1917 : guerre de la frontière américano-mexicaine à la suite de l'incursion armée de Pancho Villa aux États-Unis.
  • 1917 à 1918 : États-Unis dans la Première Guerre mondiale.
  • De 1916 à 1924 : troupes d'occupation du corps des marines en République dominicaine.
  • De 1922 à 1924, puis de 1926 à 1933 : Nicaragua, défense des intérêts des citoyens américains pendant des troubles politiques intérieurs.
  • 1922–1923 : Débarquement de marines à cinq reprises pour protéger les intérêts américains.
  • 1924–1925 : Débarquements de marines à Shanghai pour protéger les ressortissants américains des émeutiers.
  • 1926–1933 : Nombreux débarquements au Nicaragua pour protéger les intérêts américains.
  • 1932 : Débarquement d'un corps de protection pendant l'occupation japonaise de Shanghai.
  • 1932 : Les USA font donner la troupe contre les manifestants de la Bonus Army (20000 vétérans de la première guerre mondiale qui réclamaient le paiement d’une prime) à Washington.
  • 1941 : Mise sous protectorat américain du Groenland.
  • 1941 : Mise sous protectorat américain de l'Islande, avec le consentement de son gouvernement.
  • 1941 à 1945 : participation américaine à la Seconde Guerre mondiale, en Afrique, en Europe, et dans le Pacifique.

Une politique interventionniste organisée dans l’intérêt des capitalistes 

     Au sortir de la 2ème guerre mondiale, les États-Unis disposaient de la plus grande partie des capitaux mondiaux et dominaient la production manufacturière et les exportations. Ils produisaient la moitié du charbon, les deux tiers du pétrole et plus de la moitié de l’électricité au niveau mondial. Ils étaient en mesure de produire de grandes quantités de navires, d’avions, de voitures, de produits chimiques, d’armes et d’autres produits manufacturiers. De plus, 2/3 des réserves mondiales d’or étaient détenues par les Américains. Dans le camp des vainqueurs en Europe à l’issue de la 2ème guerre mondiale, ils étaient sur le point d’écraser le Japon sous les bombes atomique à Nagasaki et Hiroshima, bombes  dont ils étaient les seuls à disposer.

     Ils décidèrent d'organiser en 1944 une conférence dont le but était de créer un système monétaire capable de fournir un cadre solide à la reconstruction et à l'expansion économique du « monde libre », en faisant des États-Unis et du dollar les piliers de la nouvelle architecture économique. Ils imposèrent donc aux signataires des accords de Bretton Woods l’utilisation du dollar dans les échanges commerciaux mondiaux, dollar dont ils avaient l’exclusivité de la fabrication.

     La domination de leur économie fut ainsi l’une des sources de leur mainmise impérialiste sur la planète, mainmise qui s’est prolongée jusqu’à nos jours, même si elle est de plus en plus contestée.

     Mais en même temps, à l’intérieur de cette société capitaliste, la politique suivie profitait aux ultra-riches et se faisait dans leur intérêt : les 10% les plus riches possédaient déjà 80% des propriétés privées (actifs immobiliers, professionnels et financiers) en 1900, 70% en 1950 et 75% en 2019, tandis que le 1% possédait 43% en 1900, 28% en 1950 et 40% en 2019.

     Encore la guerre

     Pour parvenir à cette fin d’enrichissement maximal de quelques-uns, la politique des États-Unis passa encore, après la 2ème guerre mondiale et en situation de guerre froide avec le camp soviétique, par de très nombreuses interventions militaires partout dans le monde avec en particulier les guerres de Corée, du Vietnam et du Moyen-Orient.

  • 1945 et 1946 : envoi de troupes en Chine pour désarmer les forces de l'armée impériale japonaise et rapatrier les ressortissants japonais après la capitulation de ce pays.
  • 1946 : Philippines, soutien au gouvernement face à une insurrection.
  • 1947 : Grèce, soutien logistique militaire au régime royaliste engagé dans la guerre civile grecque soutenu auparavant par le Royaume-Uni.
  • 1950 à 1953 : guerre de Corée à la suite de l'invasion par la Corée du Nord de la Corée du Sud ; première intervention via l'ONU.
  • 1953 : En Iran, la CIA organise un coup d'État pour renverser le premier ministre Mohammad Mossadegh.
  • 1954 : Guatemala, renversement du gouvernement en place.
  • 1958 : bombardements par des avions de la Civil Air Transport (futur Air America) de la CIA en un soutien infructueux à un mouvement de guérilla en Indonésie contre Soekarno.
  • 1958 : du 15 juillet au 25 octobre 1958, intervention au Liban dans le cadre de la doctrine Eisenhower et à la demande du président Camille Chamoun.
  • 1960 : bombardements au Guatemala.
  • 1961 : Cuba, échec du débarquement de la baie des Cochons (Playa Giron) des opposants à Fidel Castro (L’opération n'est pas une intervention officielle des États-Unis mais elle est entièrement financée et pilotée et commandée par eux).
  • 1961 à 1972 :
  • Guerre du Viêt-Nam, en août 1964, alors que des conseillers militaires américains sont présents au Sud Viêt Nam depuis une dizaine d’années, le président Johnson invoque une attaque fictive de deux destroyers américains par des torpilleurs nord-vietnamiens (incidents du golfe du Tonkin, dont on a appris après l’ouverture de certaines archives qu’ils étaient totalement bidons), pour demander au Congrès une résolution exprimant la détermination des États-Unis à « soutenir la liberté et à protéger la paix en Asie du Sud-Est ». La résolution adoptée autorisa le président à utiliser la force militaire conventionnelle en Asie du Sud-Est sans déclaration de guerre officielle. Les États-Unis s’engagèrent alors dans un conflit ouvert qui durera jusqu’en 1975. Le nombre de militaires américains déployés au Viêt-Nam attint 543 000 en avril 1969. La guerre fut marquée par de puissantes manifestations aux États-Unis et de nombreux crimes de guerre sur place.
  • 18 mars 1969 — 26 mai 1970 : opération Menu au Cambodge oriental. Les États-Unis, à la demande secrète de Nixon et Kissinger, bombardent massivement le Cambodge, avec 3 875 sorties et 108 000 tonnes de bombes.
  • 11 novembre 1968 – 29 mars 1972 : opération Commando Hunt, bombardements au Laos et au Vietnam du Nord.
  • Diverses autres interventions au CambodgeLaos et Viêt Nam.
  • 1964 :
  • Au Brésil, soutien au renversement de João Goulart par la junte militaire qui instaure une dictature sur la période 1964-1985
  • Panama
  • Appui aérien clandestin au gouvernement local contre une guérilla via des mercenaires qui deviendront le noyau de l'aviation congolaise durant la crise congolaise en République démocratique du Congo.
  • 1965 : Indonésie, renseignements au gouvernement dans la répression du Mouvement du 30 septembre 1965 en Indonésie.
  • Occupation de la République dominicaine par les États-Unis à la suite d'une intervention dans une guerre civile avec l'appui de l'Organisation des États américains.
  • 1967 à 1969 : formation des forces armées du Guatemala par les Special Forces.
  • 1970 : Campagne du Cambodge.
  • 11 septembre 1973 : Chili, pas d’intervention militaire directe mais baisse des crédits de 300 à 30 millions de dollars, soutien apporté par la CIA à l’opposition (8 millions de dollars), encouragement au coup d'État du général Augusto Pinochet.
  • 1973 : Pont aérien en faveur d'Israël lors de la Guerre du Kippour.
  • 3 juillet 1979 : Afghanistan, « programme afghan » (1979 à 1992), armement par la CIA des moudjahidines afghans de divers groupes pour la guerre d'Afghanistan (1979-1989) contre l'URSS.
  • 1980 à 1990 : Salvador, aide militaire au gouvernement et aux Escadrons de la mort, pour chasser la guérilla. 100 000 morts dans cette guerre civile.
  • 1981 à 1988 : Nicaragua, soutien des contras situées au Honduras, afin de lutter contre les sandinistes du Nicaragua.
  • 1983 :
    • Liban : Force multinationale de sécurité à Beyrouth, départ après un double attentat contre les QG américain et français.
    • Grenade : Invasion de la Grenade.
  • 1986, 14 avril : opération El Dorado Canyon, bombardement de plusieurs centres politiques et bases militaires en Libye, 45 morts libyens, deux pilotes américains tués à la suite d'attentats antiaméricains en Europe.
  • 1988, 18 avril : bataille des plates-formes pétrolières Sassan et Sirri face à l'Iran.
  • 1989 :
    • 1er au 7 décembre : Philippines, soutien au gouvernement contre un coup d'État.
    • Panama, 20 décembre : invasion du Panama par les États-Unis, renversement du général Manuel Noriega.

Gendarmes du monde

Les États-Unis ont prétendu -et prétendent toujours- que s’ils intervenaient partout dans le monde c’était pour défendre le Monde libre contre la menace que faisait peser sur lui, depuis la Révolution d’Octobre en Russie, ceux qui se réclamaient du communisme, c’est-à-dire l’URSS et ses alliés de même que tous les mouvements de libération se référant ou non au marxisme. Mais depuis la dislocation de l’URSS, la disparition du système économique communiste et la soi-disant fin de la guerre froide en 1991, jusqu’à aujourd’hui, les USA sont encore intervenus militairement au moins 24 fois (en moins de 30 ans) dans diverses parties du monde :

  • 1991 : guerre du Golfe (opération Tempête du désert) au Koweït.
  • 1992-1993 : en Somalie, opération Restore Hope.
  • 1993 : en Macédoine.
  • 1994 : à Haïti, opération Uphold Democracy pour installer le président Jean-Bertrand Aristide.
  • 1995 : en Bosnie-Herzégovine, soutien aérien aux forces de l'ONU/OTAN sur place puis déploiement d'une force de maintien de la paix.
  • 1998 : en Irak, quatre jours de bombardement aérien sur des objectifs militaires et industriels.
  • 1998 : le 20 août, double bombardement d'une usine de médicaments (soupçonnée d'appartenir à Ben Laden) au Soudan et de camps d'entrainement terroristes en Afghanistan.
  • 1999 : Bombardements de Belgrade et intervention au sol de l'OTAN dans la guerre du Kosovo et déploiement depuis d'une force de maintien de la paix.
  • Au Timor oriental : soutien logistique aux forces de l'ONU pour son indépendance.
  • 2001-en cours : intervention en Afghanistan 
  • 2002 : aux Philippines, en soutien au gouvernement philippin contre des guérilla.
  • 2003-2011 : guerre d'Irak, les États-Unis envahissent l'Irak.
  • 2004-en cours : attaques aériennes américaines au Pakistan.
  • 2004 : À Haïti, les États-Unis, interviennent militairement avec l'aide de la France pour chasser du pouvoir le président Jean-Bertrand Aristide.
  • 2005 : En Asie du Sud-Est, 16 500 militaires sont envoyés dans l'océan Indien pour répondre au séisme du 26 décembre 2004.
  • 2006 : en cours : bombardements aériens de cibles d’Al-Qaïda en Somalie.
  • 2011 : intervention militaire en Libye.
  • 2014 : début de la guerre contre l'État islamique en Irak et en Syrie.
  • 2017 : Assistance des forces spéciales dans la bataille de Marawi, aux Philippines, contre des combattants islamiques.
  • 2017 : Bombardement de la base aérienne d'Al-Chaayrate en Syrie.
  • 2018 : Bombardements de Barzé et de Him Shinshar, en Syrie.
  • 2019 : Pétroliers iraniens coulés dans le golfe arabo persique.

     Les USA se retirent de Syrie pour laisser la Turquie attaquer les Kurdes au Rojava.

     Moyens de l’impérialisme US

     Puissance militaire

     L’armée états-unienne est aussi nombreuse que celle de l’Inde (Environ 1 500 000 soldats auxquels il convient d’ajouter 700 000 civils employés par l’armée et 100 000 par les services secrets) !

     Le budget militaire des USA représente en 2019 plus de 636 milliards de dollars, soit 40% des dépenses militaires mondiales.

     Les USA et leurs alliés disposent de plus de mille bases militaires partout dans le monde.

     Seul état au monde à avoir jamais utilisé l’arme atomique, c’est la deuxième puissance nucléaire avec 8000 ogives dont 1800 actives. Ils disposent d’une cinquantaine de sous-marins dont 14 sous-marins nucléaires et d’une vingtaine de porte-avions et une flotte aérienne de presque 6000 avions.

     L’économie mondiale contrainte et les services secrets prolongent l’action militaire

     Parallèlement à ses interventions directes, les USA décident, maintiennent et obligent les autres pays du monde à maintenir, des embargos économiques plus ou moins étroits, parfois de véritables blocus contre des états dont le régime ne leur plaît pas, comme la Corée du Nord, Cuba, l’Iran, la Russie ou le Venezuela.

     Ils décident aussi unilatéralement des sanctions économiques à établir sous forme de taxes à l’importation, contre la Chine ou l’Europe par exemple, en menant de véritables guerres économiques contre tous ceux qui pourraient menacer leur suprématie.

     Les méfaits de la CIA

     La Central Intelligence Agency (CIA, « agence centrale de renseignement ») a été fondée en 1947. D’après Edward Snowden son budget s’élevait en 2012 à 15,3 milliards de dollars et elle dispose sans doute actuellement de plus de 20 000 employés.

     Indépendamment même de son activité face au “camp soviétique“, Son tableau de chasse d’interventions secrètes dans le monde est particulièrement fourni.

     La CIA est intervenue en Iran pour renverser Mossadegh en août 1953.

     La CIA est intervenue au Guatemala pour renverser Jacobo Arbenz en juin 1954.

     Elle a fait une tentative infructueuse en Indonésie de renverser le président Soekarno en 1958.

     Elle a tenté plus de 600 fois d’assassiner ou de faire assassiner Fidel Castro (d’après les archives américaines elles-mêmes).

     Elle est intervenue en septembre 1960 pour renverser au Congo Patrice Lumumba, puis l'assassiner à la mi-janvier 1961.

     Elle a initié et organisé la tentative d'invasion de la Baie des Cochons à Cuba en avril 1961, organisée par la CIA.

     Elle a participé à la répression à Panama par le Southern Command américain en janvier 1964 d'une manifestation contre l'occupation américaine.

     Elle a aidé, au Brésil, au renversement, le 31 mars 1964 du président réformiste Joao Goulart et à son remplacement par une junte militaire.

     En Indochine, la CIA a créé une manipulation autour de l'incident du Golfe du Tonkin en août 1964 pour accroître l'envoi de soldats américains au sud-Vietnam par l'administration Johnson et justifier les bombardements systématiques sur la partie Nord gouvernée par un régime communiste.

     La CIA a fomenté la seconde occupation de la République dominicaine par les États-Unis à la suite de l'élection du dirigeant réformiste Juan Bosch et provoqué une guerre civile en avril 1965.

     La CIA a aidé à la réussite du coup d'état en Indonésie pour renverser Soekarno en octobre 1965.

     Elle est intervenue en Uruguay contre les Tupamaros de 1965 à 1973.

     Elle a soutenu en 1966 et 1967 la dictature bolivienne contre la guérilla menée par Che Guevara et commandité son assassinat.

     Elle s’est impliquée dans le renversement de Salvador Allende au Chili en 1973, qu'elle avait déjà tenté en 1970 d'empêcher d'arriver au pouvoir ; elle soutint aussi l'Opération Condor (campagne d'assassinats et de lutte anti-guérilla conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay au milieu des années 1970. Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine — dirigées à Santiago du Chili par Augusto Pinochet, à Asuncion par Alfredo Stroessner, à Buenos Aires par Jorge Rafael Videla, à Montevideo par Juan Bordaberry, à Sucre par Hugo Banzer et à Brasilia par Ernesto Geisel — ont envoyé des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France, Italie, Portugal, Espagne...) et aux États-Unis (phase 3 de l'opération Condor, qui culmina avec l'assassinat d'Orlando Letelier, ancien ministre de Salvador Allende, en septembre 1976 à Washington D.C. Diverses techniques de terreur étaient employées par les services secrets, notamment la noyade ; la transmission d'enregistrements sonores de cris de proches torturés ; et les « vols de la mort » au-dessus du rio de la Plata. La terreur d'État visait explicitement les « guérilleros terroristes gauchistes » comme les Tupamaros en Uruguay, le Mouvement de la gauche révolutionnaire chilienne, les Montoneros en Argentine, etc., au nom de ladite « doctrine de la sécurité nationale », bien qu'elle ait en réalité touché n'importe quel « dissident potentiel » ainsi que leurs proches (famille et amis).)

     La CIA s’est aussi impliquée (plus discrètement) dans le coup d'état militaire de mars 1976 en Argentine contre Isabel Peron.

     Elle a provoqué l'invasion de la Grenade à la suite d'un coup d'État en octobre 1983.

     Elle est responsable du minage des ports du Nicaragua (opération Piranha) en mars 1984.

     La CIA a lancé l'Opération Juste Cause en décembre 1989 qui a abouti au renversement du dictateur Manuel Noriega au Panama.

     Etc. …

     Quant aux interventions les plus récentes des services secrets étatsuniens dans les affaires intérieures de pays tiers, elles sont parfois évidentes, comme pour la Révolution orange en Ukraine ou concernant l’espionnage des dirigeants européens ou brésiliens et même des citoyens en général, grâce aux “Big Ears“ révélées par Edward Snowden.

     D’ailleurs, le budget global des différentes agences d’espionnage, différent du budget militaire (636 milliards en 2019) s’est élevé en 2018 à 81,5 milliards de dollars (soit un total supérieur à 717,5 milliards de dollars, beaucoup plus que le PIB français de 2019, équivalent lui à 640,597 milliards de dollars). Ce n’est pas pour rien !

     Le complexe militaro-industriel

     Le CMI domine de fait la vie politique américaine !

     Ce terme renvoie à un concept général désignant les procédés et les relations financières liant les législateurs, les forces armées et le secteur industriel qui les soutient. Les relations en jeu comprennent le financement des campagnes, les votes au Congrès en faveur des dépenses militaires, le lobbying en faveur des bureaucraties, ainsi qu'une législation favorable au développement économique du secteur.

     Le terme military-industrial complex provient originellement du discours de fin de mandat du président Dwight David Eisenhower, qui annonça ainsi l'avènement d'une industrie de défense permanente sur le territoire national, à l'issue des efforts produits pour emporter la Seconde Guerre mondiale, et qui mettait en garde les citoyens sur le risque que ce type d'organisation faisait peser sur la démocratie.

     Le terme de CMI est également employé dans un sens plus large, incluant le réseau entier de contrats, flux financiers et ressources brassé par les individus comme les institutions émanant des contractants dans le secteur de la Défense, du Pentagone, du pouvoir législatif, et du pouvoir exécutif. Les intrications de ce réseau le rendent soumis à l’argent. Des cas de corruption politique sont régulièrement mis en lumière.

     Les plus grands fournisseurs de l’armée US étaient (en 2005) Lockheed Martin, pour 19,457 milliards de dollars, Boeing pour 18,326 milliards, Northrop Grumman pour 13,515 milliards, General Dynamics pour 10,644 milliards, Raytheon pour 9,113 milliards, United Technologies Corporation pour 5,021 milliards, L-3 Communications pour 4,711 milliards, DXC Technology pour 2,831 milliards de dollars… Il est facile avec ces chiffres de comprendre la puissance de ces sociétés dans la vie politique étatsunienne !

     Les traités militaires signés par les États-Unis d’Amérique facilitent ses guerres

     Avec le Japon :

     Le traité de coopération mutuelle et de sécurité, connu sous l’acronyme ANPO a été signé en 1960. Il permet aux USA de maintenir au Japon ses troupes et ses bases militaires grâce à son article VI qui stipule : « Afin de contribuer à la sécurité du Japon et au maintien de la paix et de la sécurité internationales en Extrême-Orient, l'usage de zones et d'installations situées au Japon est concédé aux forces terrestres, aériennes et navales des États-Unis d'Amérique. ».

      Du coup, les États-Unis disposent de plus de 30 000 militaires au Japon et la 7ème flotte est basée à Yokosuka. Le 3rd Marine Expeditionary Force est encaserné à Okinawa et 130 chasseurs de 5th Air Forces de l’USAF stationnent à la Misawa Air Base et à la Kadena Air Base. 

     Et, tour de force, c’est le gouvernement japonais qui paye pour le support de ces forces (2 milliards de dollars en 2007 par exemple alors que le loyer dû par les États-Unis pour leur base d’Okinawa n’est que de 800 millions de dollars).

     Avec l’Australie :

     L’ANZUS (Australia, New Zealand, United States Security Treaty) est un pacte militaire signé en 1951. Il a induit la participation de l’Australie et de la Nouvelle Zélande aux guerres de Corée puis du Vietnam.

     L’application de ce traité a cependant été suspendue de fait par le gouvernement néo-zélandais depuis 1985, par refus des armes ou navires nucléaires sur leur territoire ou dans leurs eaux territoriales, et par les USA qui ont dénoncé le traité avec la Nouvelle Zélande depuis 1992.

     OTAN

     L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord tint sa première conférence en 1949 à Washington. L’OTAN compte actuellement 29 états membres (dont 27 européens).

    À l’origine destiné à s’opposer à l’URSS, elle est devenue un supplétif de la politique agressive des États-Unis en participant par exemple, à la guerre en Bosnie-Herzégovine en 1993, à celle du Kosovo en 1999, à la Campagne américaine en Afghanistan en 2001, à la guerre d’Irak en 2003, au bombardement de la Lybie en 2011, etc.

     Un empire contesté ?

    Après s’être constitué en empire par annexions successives de territoires après l’indépendance, (Pennsylvanie, Floride,  Nebraska, Kansas, Tennessee, Alabama, Louisiane, Iowa, Indiana, Illinois, Texas, Nouveau Mexique, Arizona, Utah, Colorado, Californie, Wyoming, Montana, Dakota du Nord et du Sud, Alaska, Hawaï, Porto Rico), après s’être opposé, surtout après la 2ème guerre mondiale, au bloc soviétique, et à tout mouvement critiquant la “libre entreprise“ en intervenant militairement dans tous les états du monde ou presque, les États-Unis d’Amérique vont désormais se retrouver face à une construction économique qui, par sa puissance, peut maintenant les concurrencer, la Chine, et, alors qu’une grande partie de l’humanité est toujours demandeuse des avantages matériels confisqués par quelques-uns,  face aussi  à un mouvement inattendu, celui provoqué par la menace du réchauffement de la planète et exigeant une transformation radicale des principes de production et d’échanges capitalistes.

     Comment l’Empire réagira-t-il face à ces menaces ? Poser la question c’est y répondre. Ne continuera-t-il pas vraisemblablement ce qu’il a fait avec tant de constance et d’application tout au long de sa formation et de toute son existence : la guerre ?

 

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