nouvelle classif géologique

Remarques sur la terminologie en chronostratigraphie

Un peu d’histoire des sciences

Premières tentatives et premières dénominations

En 1735, Giovanni Arduino, spécialiste de l’exploitation minière dans le Nord de l’Italie, partagea l‘histoire de la Terre en 4 parties : primaire, secondaire, tertiaire ou volcanique, et quaternaire.

Un siècle plus tard, un avocat écossais, amateur très éclairé et passionné de géologie, Charles Lyell, publia un ouvrage : « principes de géologie », dans lequel  il reprenait la terminologie d’Arduino et l’utilisait de façon beaucoup plus détaillée. Il subdivisa le Tertiaire en fonction du pourcentage de mollusques découverts dans les strates géologiques.

En 1829, le géologue français Jules Desnoyers inventa le terme : « quaternaire ».

En 1735, Giovanni Arduino, spécialiste de l’exploitation minière dans le Nord de l’Italie, partagea l‘histoire de la Terre en 4 parties : primaire, secondaire, tertiaire ou volcanique, et quaternaire.

Un siècle plus tard, un avocat écossais, amateur très éclairé et passionné de géologie, Charles Lyell, publia un ouvrage : « principes de géologie », dans lequel  il reprenait la terminologie d’Arduino et l’utilisait de façon beaucoup plus détaillée. Il subdivisa le Tertiaire en fonction du pourcentage de mollusques découverts dans les strates géologiques.

En 1829, le géologue français Jules Desnoyers inventa le terme : « quaternaire ».

 Le système Silurien a d'abord été identifié par le géologue britannique Roderick Murchison, qui examinait des strates fossilifères de roches sédimentaires dans le sud du Pays de Galles au début des années 1830.  Il a nommé les séquences du nom d'une tribu celtique du pays de Galles, les Silures, imitant la convention que son ami Adam Sedgwick avait établie pour le Cambrien.  En 1835, les deux hommes présentèrent un document conjoint, sous le titre Sur les systèmes Silurien et  Cambrien, Exposé de l'ordre dans lequel les strates sédimentaires plus anciennes se succèdent en Angleterre et au Pays de Galles, qui a été le germe de l'échelle moderne des temps géologiques.  Le géologue français Joachim Barrande, s'appuyant sur les travaux Murchison, utilisa le terme Silurien dans un sens plus complet.  Il divisa les roches du Silurien de la Bohême en huit étapes.

L’échelle des temps géologiques

C’est néanmoins le géologue britannique Arthur Holmes, pionnier de la géochronologie et de la théorie de la dérive des continents, qui mesura   l'âge de la Terre (4,500 + / - 100 Ma) et publia en 1937 une première échelle des temps géologiques.

 Quant au  paléontologue parisien François Louis-Paul Gervais, il  créa en 1867 le terme « holocène » pour désigner la période du quaternaire la plus proche de nous.

La terminologie se construisit donc de cette manière un peu anarchique, chacun y allant de sa découverte. Et c’est ainsi que des générations d’étudiants en chronostratigraphie (branche de la géologie qui étudie l‘âge relatif des strates rocheuses) utilisèrent ce découpage en ères primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire, vulgarisé dans la foulée auprès de tous les géologues et même jusqu’aux lycéens, collégiens et écoliers, à la faveur du recul des théories créationnistes.

Une nouvelle organisation

Cependant, tous les quatre ans, l’Union internationale des sciences géologiques organisait un congrès pour, entre autres travaux, statuer officiellement sur la dénomination et le calibrage des différentes divisions des temps géologiques.

Pour mieux décrire la réalité issue des nouvelles connaissances, rapidement accumulées dès lors qu’on voulut bien sortir du carcan imposé à la Science par les religions, les anciennes dénominations furent abandonnées par les scientifiques au profit de subdivisions plus rigoureuses. Dès 1976 il fut décidé de  ne plus parler d’ères primaire, secondaire, tertiaire ou quaternaire, mais d’utiliser les nouvelles dénominations d’éons, ères, périodes, époques ou séries et étages. Depuis plus de trente ans déjà, l’ancien vocabulaire, pourtant encore fréquemment utilisé et même enseigné, est donc obsolète !

 

 

 

La terminologie actuelle

Les éons

L’échelle des temps géologiques comprend désormais en effet 4 « éons » :

§  L’Hadéen, qui couvre environ 600 millions d’années.

§  L’Archéen, s’étend sur 1 milliard et demi d’années.

§  Le Protérozoïque, dure 1 milliard 900 millions d’années.

§  Le Phanérozoïque, recouvre les dernières 540 millions d’années.

 Les ères

Les 3 derniers éons comprennent plusieurs ères :  Éoarchéen ,  Paléoarchéen , Mésoarchéen et  Néoarchéen  pour l’Archéen,  Paléoprotérozoïque ,  Mésoprotérozoïque  et  Néoprotérozoïque  pour le Protérozoïque et   Paléozoïque ,  Mésozoïque  et  Cénozoïque  pour le Phanérozoïque.

Les périodes ou systèmes

Chacune de ces  ères est  à son tour subdivisée en « périodes » qui sont :

Pour le Paléozoïque, le Cambrien, qui dure 53 millions d’années, l’Ordovicien, qui dure 50 millions d’années, le Silurien, 25 millions d’années, le Dévonien, 42 millions d’années, le Carbonifère, 55 millions d’années et le Permien, 52 millions d’années.

Pour le Mézozoïque, le  Trias, dure 57 millions d’années, le Jurassique, 49 millions d’années et le Crétacé, 75 millions d’années.

Pour le Cénozoïque, le Paléogène dure 42,2 millions d’années ; le néogène dure 21,45 millions d’années tandis que le Quaternaire parfois inclus dans le Néogène recouvre les dernières 2,588 millions d’années.

Les époques

Chacune de ces périodes est à son tour subdivisée en « époques ».

Par exemple, à l’éon Phanérozoïque, dans l’ère Paléozoïque, la période du Silurien comprend 4 époques : Le Llandvérien, le Wenlockien, le Ludlowien et le Pridolien ; tandis qu’à l’éon Phanérozoïque, dans l’ère Paléozoïque, la période du Carbonifère en a 2 : Le Mississipien et le Pensylvanien

À l’éon Phanérozoïque, dans l’ère  Cénozoïque,  dans la période Paléogène, les époques sont  le Paléocène, qui dure 6,8 millions d’années, l’Éocène, 18,6 millions d’années, l’Oligocène, 5,5 millions d’années, le Miocène, 18,784 millions d’années, le Pliocène 1 million 732 mille années, le Pléistocène, 2 millions 462 mille années et l’Holocène, 11 784 années.

Les étages

Chaque époque est à son tour subdivisée en « étages ». Par exemple, Le Llandovérien a 3 étages : le Rhudanien, l’Aéronien et le Télychien

 (Le temps géologique, par convention, est calculé à partir de 1950).

Quelques repères plus précis :

Par Éons :

C’est au cours de l’éon Hadéen (- 4 600 000 000 à – 4 000 000 000 d’années) que se formèrent les océans par condensation de l’eau de l’atmosphère. La Terre se refroidit et la croûte terrestre se solidifia. Elle fut néanmoins soumise au « Grand Bombardement Tardif », de 4 à 3,8 milliards d'années avant notre ère, phase au cours de laquelle un grand nombre de cratères, dus à des impacts de météorites, se formèrent  sur la Lune, la Terre, Mercure, Vénus et Mars.

L'atmosphère de la Terre à ses débuts aurait été composée de matériaux environnants de la nébuleuse solaire, particulièrement des gaz légers tels que l'hydrogène et l'hélium, mais le vent solaire et la chaleur de la Terre aurait dispersé cette atmosphère. Une nouvelle atmosphère terrestre se créa à partir du dégazage du magma. [

À l’Éon Archéen : (- 4 000 000 000 à – 2 500 000 000) apparurent les premières bactéries. Le méthane (CH4) disparut de l’atmosphère.

À l’éon Protérozoïque : (- 2 500 000 000 à – 542 000 000) l’oxygène s’accumula dans l’atmosphère et les premiers organismes multicellulaires (eucaryotes) apparurent. Le continent Columbia émergea et 500 milions d’années plus tard ce fut le tour du continent Rodinia. Le Protérozoïque connut 2 âges glaciaires.

À l’éon Phanérozoïque : (-542 000 000  à nos jours) la biodiversité progressa régulièrement et la vie animale finit par abonder.

Par ères : 

(À l’Éon Archéen)

L’ère Éoarchéen (de -3 800 000 000 à -3 600 000 000 Ma) : apparition possible des procaryotes (organismes unicellulaires sans noyaux).

L’ère Paléoarchéen (de -3 600 000 000 à -3 200 000 000) : la plus ancienne forme de vie connue (bactérie de 3460 Ma d’âge) remonte à cette ère.

L’ère Mésoarchéen (de -3 200 000 000 à -2 800 000 000) : existence avérée de stromatolites (structures construites par des communautés bactériennes).

L’ère Néoarchéen (de -2 800 000 000 à -2 500 000 000) Les dépôts calcaires constituent d’immenses tapis bactériens. 

(À l’éon Protérozoïque)

Pendant L’ère Paléoprotérozoïque (de -2 500 000 000 à -1 600 000 000) L’augmentation significative du taux d’oxygène dans l’atmosphère a empoisonné la plupart des formes de vie. En effet, elles étaient anaérobiques (qui vivent sans di-oxygène) et ne résistaient pas à l’augmentation du taux d’oxygène. Les seuls survivants furent celles qui résistèrent aux effets oxydants de l’oxygène. On parle ainsi de grande oxydation ou de catastrophe de l’oxygène.

La grande oxydation a débuté il y 2,45 milliards d’années, le taux d’oxygène dans l’atmosphère est d’abord resté relativement stable et bas, de l’ordre de quelques pourcents durant la plus grande partie du Paléoprotérozoïque, les océans ont servi de puits chimiques durant cette période.

L’ère Mésoprotérozoïque (de -1 600 000 000 à -1 000 000 000) Le supercontinent Rodinia se forma. La reproduction sexuée apparut ainsi que les premiers Acritarches (microfossiles supposés avoir été du phytoplancton) et les premiers eucaryotes (organismes uni ou pluricellulaires à noyau) modernes.

L’ère Néoprotérozoïque (de -1 000 000 000 à -542 000 000) Le supercontinent Rodinia se fragmenta en probablement huit pièces distinctes, engageant une phase active de tectonique des plaques.

Deux glaciations sévères se produisirent, une vers -750 000 000 et l’autre vers -600 000 000. Durant la plus récente, la glaciation Varanger, la banquise descendit jusqu’à l’équateur, amenant le globe à un état connu sous le nom de terre boule de neige.

On retrouve des fossiles de métazoaires précédant ceux du Cambrien.

Quelques animaux apparaissent comme de possibles ancêtres des animaux modernes, mais la plupart des fossiles sont difficiles à classifier — comme ces disques minéralisés, qui ont peut-être servi de protection contre des prédateurs, ou encore des animaux à plaques de provenance inconnue, etc. On les nomme en général animaux Édiacariens ou Vendiens. La plupart étaient à corps mou, le plus ancien fossile à corps dur, de la calcite, Cloudina, date du Néoprotérozoïque.  

(À l’éon Phanérozoïque)

 L’ère Paléozoïque (-542 000 000 à – 250 000 000 d’années) qui vit le développement puis l’extinction massive des animaux à coquille. Le continent Rodinia se fragmenta en au moins 8 masses continentales qui se rassemblèrent finalement à nouveau pour former un seul supercontinent : la Pangée.

L’ère mésozoïque (-251 000 000 à – 65 000 000 d’années) pendant laquelle les continents arrivèrent progressivement à leur configuration actuelle. Le climat,  exceptionnellement chaud pendant toute la période,  joua également un rôle important dans l'évolution et la diversification des espèces animales nouvelles. Lors de cette ère apparurent et disparurent les Dinosaures.By the end of the era, the basis of modern life was in place. À la fin de l'époque, la base de la vie moderne était en place.

L'ère cénozoïque (-65 000 000 à nos jours=1950) vit le développement des mammifères et l’apparition de la lignée humaine.

Commentaires (1)

1. Raoul Larocque (site web) 18/08/2012

Excellent travail. Malgré mes connaissances en géologie, clmato, bio., j'ai appris. Logique. Clair. La seule chose que j'oserais suggérer serait de créer un graphique avec les éons, ères, périodes, époques placées horizontalement, avec codes couleur. Le texte pourrait contenir un peu plus de références au développement animal particulièrement au Paléozoïque. Ainsi le travail serait complet. Bravo!
Raoul Larocque

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