Aunis

Aunis

 


Dans les nuances innombrables des verts,

Les rares taches jaunes du colza

Éclairent le damier des champs délétères

Piquetés d'éphémères petits bois.

 

Ah ! Que la plaine est lisse en Aunis !

Ses ondulations basses, ses horizons fuyants

Pour ses fervents de vraies délices

Alanguissent et rendent nonchalant !

 

Balayé souvent par le vent marin

De son vin l'Aunis est en deuil.

Il a depuis longtemps pleuré ses treuils,

Ruinés, comme le furent ses moulins.

 

Les espoirs  encore s'amoindrissent

À l'écart des chemins caillouteux

Une fois pénétrés les quéreux

Et bu l'eau du puits au calice

 

Ses maisons ont peu de charme

Ses villages sont sans génie.

C'est le pays du vague à l'âme

De la banalité et de l'ennui.

 

Mais son sang, sa vie, son miel,

Mènent tout droit à La Rochelle,

Ruche active de cigales versatiles,

Porte océane ouverte sur les îles.


 

 

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