Saint-Rogatien

Les données concernant Saint-Rogatien sont collectées à différentes sources, en l’absence d’ouvrage relatant spécifiquement l’histoire de cette commune limitrophe de Périgny, établie sur le territoire d’une paroisse qui semble s’être constituée au XIIème siècle autour d’une église dédiée à deux saints nantais : Donatien et Rogatien.

     

 Une description de l’église (http://www.eglises-en-charente-maritime.fr/, entre autres).  

Elle arbore une façade occidentale de caractère roman traditionnel avec un recoupement vertical en trois parties par le jeu de ses contreforts, en forme de colonnes engagées, encadrant un portail dont la voussure (partie courbe surmontant le portail) extérieure est ornée d’un cordon de pointes de diamant et dont les chapiteaux, sculptés d’oiseaux s’opposant par le bec, supportent une corniche à modillons(éléments d'architecture qui servent à soutenir une corniche et se différencient des corbeaux par le fait qu'ils sont sculptés). Une petite fenêtre à colonnette surmonte l’ensemble.

Le chœur a été reconstruit en grande partie à la fin du Moyen Age.

Une mesure dîmière du XVème ou XVIème siècle, en granit, est utilisée comme bénitier.

Près du sol, on note une élégante niche en tiers-point (le tiers-point est le point d’intersection de deux arcs d’ogive)  avec arceau (ornement en forme de trèfle) trilobé et qui date, elle, de l’époque gothique.

La nef, parcimonieusement éclairée de deux étroites fenêtres, montre, avec ses massifs de colonnes enchâssées dans la muraille et sommées de chapiteaux à feuillage du XIIème, les traces d’un transept disparu.

Au sud, une grande arcade moulurée indique probablement une ancienne communication avec le bras sud de ce transept.

Extérieurement, le chevet plat témoigne, avec ses restes de fenestrage à soufflets (C’est-à-dire avec un ouvrant basculant horizontalement en projection vers l’intérieur sur son bord inférieur) et mouchettes (motifs architecturaux en ellipse).

A noter un retable de facture classique évoquant les deux martyrs Rogatien et Donatien, saints patrons de l'édifice.

En 1871, une nouvelle cloche fut installée dans le campanile qui surmonte la façade.

En 1987, la façade fut restaurée, la partie ouest affaiblie par les intempéries consolidée.

     

Cœur navré

En décembre 1573 se terminait l’aventure factieuse de Jacques de Lyon, seigneur de Jusseran et du Grand Fief de Saint-Rogatien, qui fut tué dans sa maison par les soldats du maire de La Rochelle, Jacques Henry, venus l’arrêter pour mettre fin au complot de « la faction du cœur navré ». Voir la faction du coeur navré.

Logis du Vivier

Les armoiries qui se trouvent sur la cheminée laissent supposer que cette bâtisse entre cour et jardin était le siège de la seigneurie du Grand Fief de Saint-Rogatien, propriété de  Jacques Du Lyon, seigneur de Jusseran et du Grand Fief à Saint-Rogatien et maire de La Rochelle en 1507 et 1514.

 Propriété au début du XVIIIème siècle de Jean Didier Bouchereau, procureur du roi au Presidial de La Rochelle et de sa sœur Marie, femme de Jean-Baptiste de Jonquières, le logis du Vivier fut acquis en 1724 par André Mercier, premier secrétaire du gouvernement général de l’île de Saint-Domingue. Il fut vendu en 1751 par le procureur de ce dernier, parti habiter à Marseille, à André-Paul Étienne Moyne, négociant, demeurant à La Rochelle. En 1762, Moyne du Vivier restaura la partie centrale du logis. En 1773, les héritiers Moyne vendirent le logis à Bénigne Esther Donnéadieu qui le cèda à son tour en 1812 à Louis Jean. Cette propriété viticole s’étendait au XIXème siècle sur 25 hectares. (Le patrimoine des communes de la Charente Maritime).

Casse Mortier

La « Maison aux volets verts » de Casse-Mortier était un Relais de Poste.
En 1477 sous l’impulsion de Louis XI furent créés les relais de poste. Les relais de poste vont se transformer petit à petit, en écurie, pour permettre la poursuite de l’acheminement du courrier avec des chevaux frais, en auberge pour la restauration du personnel des Postes et des voyageurs et en gîte pour leur hébergement. Mais l’auberge ne servit pas toujours qu’au bon accueil des voyageurs :

En 1642, « François de Montbron est arrêté pour exaction sur les villageois, sur le notaire et pour l’activité de bandit qu’il avait dans la ferme de Casse-Mortier, à Saint-Rogatien. Il est condamné à être décapité. Sa peine est commuée en détention à perpétuité dans la tour Saint-Nicolas en 1668. En 1675, pendant un violent orage, il s’évade à l’aide d’une corde. Un homme d’armes coupe la corde et l’évadé s’écrase 20 mètres plus bas. Il meurt peu après. ». (Périgny Story, histoire des voisins, Esnandes).

Concurrencés par le chemin de fer, les relais de poste ferment officiellement en France en 1870 sous le règne de Napoléon III.

Après la fermeture du Relais de Poste le domaine a été utilisé en ferme. A partir de 1961, les dépendances de la ferme ont été occupées par un Centre Aéré jusqu’en 1980.

Depuis, trois logements ont été aménagés dans les bâtiments d’habitation.   

Maison Massiou  XIXème siècle, rue des Charbonniers (site Internet de la ville)

 

Cette maison, tient probablement son nom de son propriétaire du XIXe siècle. Le peintre rochelais William Bouguereau (1825-1905) qui y séjourna à plusieurs reprises. Il a été photographié au début du XXème siècle assis devant cette maison en compagnie de sa femme, d’origine américaine, d’une amie et du propriétaire des lieux. Sur le jardin entourant la Maison Principale qui abrite des salles Associatives, ont été implantés huit logements sociaux pour personnes âgées. L’ensemble immobilier est dénommé « Résidence Massiou ».

En 1793, Saint-Rogatien perdit son odeur de sainteté avec son nom religieux et la  commune fut renommée : « l’Égalité ».

Au début du XIXème siècle, les enfants de Saint-Rogatien allaient à l’école à La Jarne, mais, le 28 juin 1833 Saint-Rogatien fut séparé de La Jarne et réuni avec Périgny pour ce qui concernait l’école. La séparation fut à nouveau autorisée en 1849 (22/12).

Le 13 mai 1852, le conseil municipal rogatien demandait la « fusion spirituelle » des deux paroisses de Saint-Rogatien et de Périgny. Il était alors question de construire une nouvelle église, sur le territoire de Périgny, commune aux deux paroisses. Le projet fut abandonné en 1851. (voir « une nouvelle église », Périgny Story.)

 Vers 1850, le couvent des religieuses du Sacré-Cœur de Jésus dirigeait une école de jeunes filles. Il disparut en 1905. Dans les mêmes années, une distillerie artisanale de betterave, la deuxième sucrerie aunisienne, fut fondée à Saint-Rogatien.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les troupes allemandes occupèrent le village qui se trouvait dans la poche de La Rochelle. Dans l’après guerre, la commune comptait 25 exploitations agricoles.

Un notable au XXème siècle : Josy MOINET (1929) :

Diplômé de la faculté de droit et de sciences économiques de Poitiers,  Inspecteur (1956) puis administrateur financier (1967-1973) à la Caisse nationale de Crédit Agricole, Josy Moinet fut élu maire de Saint-Rogatien en 1959, présida ensuite l'association des maires de la Charente-Maritime depuis 1970. Elu conseiller général de la Charente-Maritime de 1973 à 1992, il devint président du Conseil général de 1976 à 1982, avant d'être proclamé sénateur de la Charente-Maritime en 1973. Il s'inscrivit au groupe de la Gauche Démocratique. Secrétaire du Bureau du Sénat en 1986, il présida le groupe de la Gauche Démocratique de 1988 à 1989, devenu en 1989 le groupe du Rassemblement Démocratique et Européen. De 1990 à 1994, il entra au Conseil d'Etat et présida la Fédération nationale des Collectivités concédantes et régies (FNCCR). (source : Wikipedia)

En 1970, le premier lotissement fut construit, d’autres vont suivre, la proximité de La Rochelle étant attractive.

Un gymnase, un groupe scolaire, une salle des fêtes, un stade, ont été construits.

La commune comptait 1830 habitants en 2006.

Il n’y avait plus en 2010 qu’une seule exploitation agricole sur le territoire communal.

En 2010, La Poste se retirait, le bureau de SAINT-ROGATIEN, considéré non rentable, ne rentrant plus dans les critères de maintien. Le maire, Jacques Leget, n’était pas d’accord : « Il n’est pas envisageable de voir disparaître ce service, nous allons donc créer à partir du 6 Septembre une agence postale communale sous convention avec La Poste avec, bien évidemment, des contraintes financières pour notre commune ».

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