Saint-Xandre

Un ouvrage de référence : Ernest Tauzin, Monographie de Saint-Xandre et du pays alentour depuis les origines dans le Grand-Fief-d’Aunis, Salamù, 2009, réédition d’un texte paru en 1895 dans le Recueil de la Commission des arts et monuments de la Charente-Inférieure et Société archéologique de Saintes. 95 pages.

Résumé :

Les premiers textes mentionnant Saint-Xandre remontent au XIIIème siècle. Les terres étaient alors couvertes de vignes.

La paroisse de Saint-Xandre faisait partie du Grand Fief d’Aunis, issu du démembrement de la seigneurie de Châtelaillon après la défaite d’Isambert en 1127.

 Le recensement des terres du Grand fief fut effectué en 1246 par Alphonse de Poitiers et est connu sous le nom de Terrier du Grand Fief. On y apprend qu’en faisait partie « le fief de Puilboreau (li fez de Pele Borreau) sur le territoire de la paroisse de Saint-Xandre, joignant « les champs de Candé », et renfermant l’aumônerie de Puilboreau. Quant aux propriétaires de vignes, « ils étaient alors au nombre de cent trente environ dans la paroisse de Saint-Xandre et possédaient cent cinquante quartiers. Mais il y en avait d’autres, parmi lesquels un certain nombre de bourgeois rochelais qui avaient sur les lieux leurs treuils et leurs celliers ».

L’église fut reconstruite [construite ?] à cette époque dans le style ogival. En 1246, le « prioré de Saint-Xandre » possédait dix-huit quartiers de vignes. Outre le prieur, la paroisse avait un chapelain qui jouissait de dix-sept quartiers et demi. La « chapelle de Loberçay » avait cinq quartiers, la chapellenie, deux quartiers, la « Confrérie Notre Dame » vingt huit carreaux et demi.

La paroisse comprenait au XIIIème siècle, à peu près le même territoire qu’aujourd’hui [1895], moins le village de L’Ardilière (Dompierre).

Philipe le Bel avait confisqué aux Templiers la terre de Romagné avant qu’elle ne soit donnée à  une comtesse d’Angoulême qui l’échangea en faveur des Religieux de Ménigoute. Le village de l’Ardillière, lui, relevait toujours de la paroisse comme de la seigneurie de Dompierre en 1441. Le nom de fief de Ménigoute allait disparaître et après le XVIème siècle, on ne trouvera plus que celui de seigneurie et chatellenie de Romagné, fiefs des Moindres et des Mothais.

Au XVIème siècle, le seigeur de la Sauzaye était Pierre d’Angliers. Claude d’Angliers lui succéda en 1541. Lieutenant général de la sénéchaussée de La Rochelle, il embrassa le calvinisme, frappé, dit-on, de la résignation avec laquelle les hérétiques enduraient les tortures qu’il leur faisait subir.

Au XVIIème siècle, Richelieu, lors du Grand Siège, établit son quartier général à la Sauzaie après s’être primitivement logé au Pont-de-la-Pierre à Angoulins. C’est là que le 28 octobre 1628, après un an de siège, six députés de La Rochelle vinrent trouver le cardinal pour offrir la reddition de la ville.

Deux des terres nobles de la paroisse, Candé et Romagné étaient, à la veille de la Révolution,  possédées par des seigneurs occupant des charges de magistrats : Carré de Candé était  lieutenant de la sénéchaussée et présidait les Assemblées de paroisse, Griffon de Romagné était Lieutenant Général et fut élu député du Tiers État. Dans leur cahier de Doléances, les habitants se plaignirent comme beaucoup des impôts et réclamèrent la supression des Intendants.

En 1793, le nom de la Commune fut remplacé par « Gemmappe » [sans doute du nom de la battaille remportée le 17 novembre 1792 près de Mons par le général Dumouriez]  puis « Xandre » (tout court) réapparaît en juin 1795 avant le retour à « Saint-Xandre » en novembre 1795.

En 1832, une épidémie de cholera fit 25 morts entre Août et Octobre à la Sauzaie.

Le 28 janvier 1833, le village de l’Ardillière fut distrait de la paroisse et de la commune de Dompierre et rattaché à Saint-Xandre.

Le cholera revint en septembre 1849 et fit cette fois 40 victimes dans la commune.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle  un nouveau cimetière fut établi et on transforma l’ancien en place publique. On construisit une mairie et un bureau de poste.

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Ferdinand Hurtaud, Histoire simple d’un bourg de France Saint-Xandre en Aunis, 1983.

Résumé :

Les lieux-dits :

La seigneurie de Candé appartint jusqu’à la Révolution à la famille Carré qui avait des «intérêts » (plantations) à Saint-Domingue. Le domaine est alors constitué d’une maison, métairie et dépendances, deux jardins, 55 quartiers de terre dont 42 journaux emblavés en orge et baillarge et avoine, 35 journaux de prés, 35 journaux de bois taillis en plusieurs pièces.

Limouillet (l’île mouillée ?) appartenait en 1517  Pierre du Jardrin, sieur de Lymouillet et à son épouse, Marie Perlé. Parmi ses successeurs, on note en 1643, Charles Brunet, seigneur de Passy et de Limouillet. Jean Donat, directeur de la monnaie rochelaise et royale, écuyer et secrétaire du Roi, acheta le domaine en 1722 et en 1754, Gabriel Suzanne Donat le vendit à Pierre Lamarque juge-garde de la monnaie pour la somme de 40 000 livres, charges comprises et 200 livres de meubles.

Les Mothées-Mathon Les Motais-Les Motées : terres et seigneuries sont arrentées en 1719 à Mathieu Martin, de Chassiron qui rétrocède la seigneurie de Romagné à la dame Barbot.

On compte 3 moulins, ceux de Giraudet, de la Sauzaie et de la Motte sur Haut.

La Sauzaie

La châtellenie de la Sauzaie était un fief au Roi, avec droit de haute, moyenne et basse justice, au devoir d’une maille d’or pour foi et hommage.

Vendue en 1361 par Pierre de Sainte-Maure, dit Drumas, chevalier, seigneur de Montgaugier et Rivarennes, vicomte de Bidiers, pour payer sa rançon aux Anglais dont il était prisonnier,  elle lui fut restituée en 1373 par Charles V. Il épousa en premières noces Isabeau de Périgny, fille de Guillaume, seigneur de Laleu et L’Houmeau.

Jehan du Pont en 1464, Aymeri Rabeau en 1469, ont prêté hommage au roi pour la Sauzaie. Le château, achevé en 1483, appartenait à Pierre d’Angliers, maire de La Rochelle, en 1526, puis  à Claude d’Angliers de Joubert, lieutenant général au présidial de La Rochelle, en 1555.

 René de Saint-Légier était seigneur de la Sauzaie en 1635 et 1672 et l’était probablement déjà en 1628 lors du siège de La Rochelle et du séjour de Richelieu à la Sauzaye. En 1721, Jean Guillaume de Saint-Légier paie la maille d’or. Sa fille, Renée Françoise René Merlier épouse Louis François Cacqueray de Valmenier, officier de marine et hérite du château. Denis Jacques Goguet, né en 1708, officier de la marine marchande puis maire de La Rochelle en est ensuite propriétaire puis il passe à Valentin de la Baume de Belleville, puis à Dierès-Monplaisir, enfin, à Charles Fournier, ancien maire de La Rochelle, député et conseiller général et finalement à Vincent, maire de Saint-Xandre.

 

Louis-Etienne Arcère, Histoire de la ville de la Rochelle et du Pays d’Aulnis,  La Rochelle, 1754

« Saint-Xandre est une Paroisse de la banlieue de la Rochelle. Son vrai nom est S. Candide, changé en Cande, nom dont on a dans la suite adouci la rudesse en prononçant S. Xandre. L’Eglise Paroissiale fut abattue par une troupe de Protestans animés de cet esprit de violence qu’on se permettait si souvent sous l’apparence de zèle. Un Marchand de la Rochelle nommé Jupin, lequel avoit conduit ces factieux, fut condamné à rétablir cette Eglise, ce qui fut exécuté en 1634.

On trouve dans l’étendue de la Paroisse de S. Xandre, la Châtellenie de Romagné, le Fief de Puyliboreau, vulgairement Pilboreau, & le Château de la Sauzaye.

Le Château de la Sauzaie est assis dans un fond & entouré d’un fossé plein d’eau. Il paroît par un acte d’aveu & dénombrement fourni & vérifié au Bureau des Finances de Poitiers le 17 Octobre 1673, que cette Seigneurie jouit des droits de haute, moyenne & basse justice, qu’elle releve du Roi à foi & hommage lige, & qu’elle doit à muance de vassal une maille d’or du poids d’un écu, valant anciennement 27 s. 6 den. Le Château de la Sauzaye servit de quartier au Cardinal de Richelieu durant le dernier siège de la Rochelle. Ce fut là que Pierre Viette Echevin, Jacques Rifault Pair, Elie Moquay & Charles de la Coste, Bourgeois Députés du Corps de Ville allèrent conférer avec ce célèbre Ministre, lorsque la Ville eut pris le parti de se rendre.

La Seigneurie de Saint Xandre est une dépendance de l’ancien Château de la Rochelle. Elle n’est pas possédée en pleine propriété : c’est un bien du Domaine engagé & aliéné par le Roi le premier Janvier 1590, au profit de Jean Salbert, pour la somme de 2 500 écus-sols, & moyennant le devoir d’un éperon doré apprécié 10 s. tournois à muance de Roi.»

Voir : Carte satellite des lieux décrits par Louis-Etienne Arcère

(http://www.histoirepassion.eu/index.php)

 

 

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