topographie et hydrologie de Périgny vers 1900

Voici comment un cabinet d’experts, Meiquié, Viennot et Boisselier décrivait le  1er Octobre 1896, la topographie de Périgny et en particulier de la vallée de la Moulinette :

 « La vallée de Périgny est creusée à travers les assises calcaires qui affleurent sur le flanc des côteaux. Les prairies qui, dans les parties basses, s’étendent jusqu’aux marais salants  de Tasdon, sont constituées par des alluvions marines, de nature argileuse nommées bri.

L’épaisseur de la couche de bri atteint  5 m et le thalweg de la vallée est, à hauteur de Périgny, à 3, 30 m au-dessus du niveau moyen de la mer (zéro du nivellement général de la France). Des lambeaux de terrain pliocène, argilo-sableux, plaqués ça et là sur le versant du côteau,  jusqu’à Beauregard, alimentent, pendant une grande partie de l’année, un ruisseau qui traverse la vallée et qui, entre Villeneuve et Périgny, reçoit plusieurs sources importantes dont une ne tarit que dans le mois d’août.

 À partir du Morillon, ce ruisseau suit la rive gauche de la vallée à travers le bri, jusqu’à la ferme de la Moulinette, qui lui donne son nom et se jette dans le chenal des marais salants de Tasdon à quelques mètres en aval de la ferme. »

Et de continuer :

« Les eaux qui coulent souterrainement dans la vallée de Périgny et qui alimentent ce puisard, proviennent d’une nappe très étendue que contiennent les côteaux situés entre la vallée d’Aigrefeuille et le canal de Marans à La Rochelle.

Ces côteaux sont constitués par une alternance de petits bancs fendillés de calcaire marneux et de lots de marne granuleuse reposant parfois sur des bancs épais, très compacts d’un calcaire argileux bleuâtre.

Cette formation géologique appartient au système Jurassique (étages ptérocérien et séquanien). Sa puissance atteint plusieurs centaines de mètres sans modification notable. » Les experts ayant été commis pour statuer sur le tarissement des puits de Périgny, c’est particulièrement le système des eaux qui les intéresse :

« Elle est classée par les hydrologues dans la catégorie des terrains semi-perméables. Les eaux pluviales qui tombent sur ces terrains et qui ne sont pas reprises par l’évaporation et la végétation pénètrent dans le sol, jusqu’à ce qu’elles rencontrent une couche imperméable. Les infiltrations se font par les fissures, les failles et les lits de la stratification des roches. Les eaux ainsi absorbées remplissent tous les interstices et remontent plus ou moins vers la surface du sol, formant des nappes souterraines qui s’abaissent vers les vallées les plus profondes. Mais ces nappes ne sont pas continues. En creusant un puits, on peut passer à côté d’une fissure aquifère et descendre très bas sans trouver d’eau.

« Les vallées exercent une action de drainage sur les eaux souterraines  dit Monsieur Belgrand (la Seine). Les eaux absorbées au lieu de remonter jusqu’à la surface des plateaux, s’écoulent souterrainement vers les thalwegs des vallées principales et cet écoulement ne pouvant avoir lieu qu’en vertu d’une certaine pente, la nappe d’eau reste plus élevée au faîte du partage situé entre deux vallées que dans le voisinage des thalwegs.

Cette différence d’altitude est variable ; elle est plus grande dans les années humides, où il y a beaucoup d’eau à débiter, que dans les années sèches où il y en a moins. Les vallées principales sont de véritables drains vers lesquels affluent toutes les eaux absorbées  par les plateaux ».

Dans la région qui nous occupe, les plateaux n’ont qu’une très petite étendue, et leur altitude ne dépasse pas quarante et quelques mètres.

Le drainage se fait de tous les côtés par la grande vallée d’Aigrefeuille à l’Est, par les marais de la Sèvre et le canal de Marans à La Rochelle au Nord et à l’Ouest, par les marais de la Charente au Sud, et par plusieurs petites vallées du côté de la mer, celle de Périgny entre autres. Aussi les puits situés sur le plateau de Sainte-Soulle à La Jarrie, sont-ils très profonds (23 mètres à Montroy, 24 à La Jarrie). Malgré cela ils tarissent en été. On y rencontre la nappe souterraine entre les cotes [17] et [19] suivant la saison, tandis que dans la vallée de Périgny, le niveau de l’eau est très près du sol, il varie entre les cotes [2] et [3].

La hauteur de la nappe souterraine est plus grande dans les années humides que dans les années sèches, mais elle est surtout subordonnée aux pluies d’hiver. Pendant les mois chauds, c’est-à-dire d’Avril à Septembre pour nos régions, les pluies ne profitent guère aux sources ; elles servent généralement à restituer aux terres ce que leur fait perdre l’évaporation et la végétation. Pendant les mois frais, au contraire, les eaux pluviales pénètrent profondément dans le sol et surélèvent le niveau de la nappe souterraine.

Le mois d’Octobre dans notre région doit être compris dans les mois favorables aux sources. »

 

Commentaires (1)

1. estrade brigiite 05/08/2011

je suis a la recherche des coodonnees de messieurs boucard et touchard pour l'ouvrage leau des rochelais pour un évenementiel merci

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