Guerres de religion

La montée du protestantisme et les guerres de religion

Si les thèses de Luther furent connues en France dès les années 1520, ce n’est qu’en 1534 que se produisit « L’affaire des placards » : des affiches apposées simultanément à Paris, et dans plusieurs villes (mais pas à La Rochelle) s’en prirent à « la pompeuse et orgueilleuse messe papale ».

En 1536, Jean Calvin publia « l’Institution de la religion chrétienne » et à La Rochelle, les premiers prédicateurs itinérants furent signalés en 1539.  Dès l’année suivante, le procureur du roi dénoncait au Parlement de Paris le nombre croissant de blasphémateurs à La Rochelle et en Aunis. Un collège y fut cependant ouvert la même année sous la direction de maître Guillaume Nicolas.

En 1546,  l’abbesse du couvent des Saintes Claires, Anne d’Angliers, refusa de révéler les noms de ses nonnes qui avaient « défroqué » en « rompant leur foi ».

Déjà en 1542, la garnison de La Rochelle s’était  rebellée contre François Ier qui avait fini par pardonner à la ville. Mais vingt ans plus tard, en 1562, le premier maire huguenot de la ville fut élu. On parla alors d’une véritable « république calviniste ». La Rochelle se déclara cependant « neutre » lors de la première guerre de religion qui se déclara cette année-là. Elle se concentra autour de Toulouse et vit la victoire des catholiques, ce qui amena de nombreux réfugiés huguenots à La Rochelle.

En 1552, Claude d’Angliers, pourtant futur protestant, fit en tant que lieutenant général, condamner Pierre Constantin, dit Gastin, Matthias Couraud, dit Gaston Deschamps et Lucas Manseau à faire amende honorable devant l’église Notre-Dame de Cougnes pour hérésie. Les deux premiers eurent aussi la langue tranchée et furent brûlés vifs sur la place du château. Ce haut fait procura à Claude d’Angliers une brillante promotion puisqu’il devint Président du Présidial dès sa création. Il put acheter en 1556 la seigneurie de la Salle d’Aytré.

Claude d’Angliers avait épousé en 1542 Catherine Joubert, dame de La Roche Barangère.

Il fut aussi connu plus tard sous le sobriquet du   « chevalier craintif »  (voir le récit d’Arcère : «Durant le séjour qu’Antoine de Bourbon [Roi de Navarre, lieutenant général pour le roi en Guienne, dans la ville et gouvernement de La Rochelle] fit à La Rochelle [1560], il conféra la Chevalerie à Claude d’Angliers [Seigneur de la Sauzaye, président et lieutenant par l’autorité du Roy en la justice de la ville et gouvernement de La Rochelle], dans la chapelle de Navarre [église des Augustins]. Une des principales cérémonies était le coup de plat d’épée sur l’épaule. D’Angliers, voyant l’épée nue, ferma les yeux. « Vous serez, lui dit le Roi en souriant, le Chevalier craintif ! ».)

1564 vit la fondation d’églises réformées à Aytré, à Angoulins, à Clavette à La Jarrie et à Bourgneuf, mais il n’y en eut pas à Périgny, qui ne constitua d’ailleurs  jamais un pôle de la religion réformée mais compta des seigneurs protestants surtout au XVIIème siècle.

Au siècle suivant, en 1682, sur les 181 feux comptés à Périgny seuls 10 étaient protestants.

Le siège de 1572-1573

Charles IX déclencha le massacre de la Saint-Barthélémy dans la nuit du 23 au 24 août 1572. Les protestants du royaume étaient en plein désarroi. Pour en profiter, le roi, et la reine mère, Catherine de Médicis voulurent réduire La Rochelle.

En novembre, le blocus de la ville fut entrepris, le camp dressé autour de la cité en février 1573 était commandé par le frère du roi, Philippe, duc d’Anjou. Les Rochelais étaient moins de 2 000 (« …qui pouvaient tirer une arquebusade …» - Agrippa d’Aubigné), mais bien armés de canons, et entretenaient  1300 soldats étrangers à opposer aux 28 000 hommes de l’armée royale (parmi eux, mille gardes suisses, commandés par les enseignes de Goas, logeaient au prieuré Saint-Martin de Rompsay). Mais ils étaient bien fortifiés et  avaient le soutien logistique de l’Angleterre. Plusieurs escarmouches furent signalées à Rompsay, en décembre 1572 et en février 1573.

De février à mai 1573, pas moins de huit assauts furent tentés contre les remparts  de la ville. Le duc d’Anjou, qui avait appris le 28 mai, qu’il venait d’être élu au trône de Pologne commençait à s’impatienter. Une attaque générale fut lancée le 26 juin 1573. Elle échoua. La paix fut signée le 6 juillet 1573 et l’armée royale leva le siège.

Cette victoire, confirmée par la paix de Boulogne le 11 juillet, permit aux protestants d’obtenir la liberté de conscience, mais ils perdaient Cognac et La Charité-sur-Loire et n’obtenaient la liberté de culte que dans trois villes : La Rochelle, Montauban et Nîmes. Le traité fut unanimement désavoué par le parti protestant qui aspira dorénavant à se constituer en fédération républicaine.

Périgny, pendant ce siège, avait du subir l’occupation des troupes royales. À l’issue du conflit, « …les fossés et chemins à demi lieue alentour [de La Rochelle] étaient pleins de corps morts… » (Amos Barbot, « Histoire de La Rochelle »), mais rien n’indique cependant que des destructions particulières aient eu lieu à Périgny.

Le complot fomenté par la reine à la fin de l’année 1573 eut pourtant Saint-Rogatien pour épicentre.

 Un complot pendant la quatrième guerre de religion : « La faction du coeur navré »

L’édit de Nantes

Promulgué en 1598 par Henri IV, l’édit de Nantes, s’il autorisait la coexistence des deux religions, fut peu apprécié des protestants rochelais qui n’y virent que l’obligation de réintroduire le culte catholique,  ce qui ne fut fait à La Rochelle que le 8 août 1599.

 Le « grand siège »

En 1614, le corps municipal de La Rochelle entérina une charte dont les 29 articles édifiaient l’administration de la ville. Les Rochelais s’insurgèrent contre Jean-Louis de Nogaret de la Valette, Duc d'Épernon, et représentant du roi.

En mai 1621, La Rochelle proclama son indépendance, et la constitution d’un « État protestant » fut établie. Ausitôt, en juin 1621, Louis XIII confia au duc d’Épernon le soin d’investir la ville.

En octobre et novembre 1621, Jean Guiton défit les navires royalistes venus faire le blocus de la ville. Les Rochelais furent désormais maîtres de la mer, et ravagèrent le pays entre la Loire et la Garonne.

En 1622, les bois de Rompsay furent rasés par ordonnance royale.

En octobre 1622, le duc de Guise emmèna une flotte largement supérieure en nombre. La flotte rochelaise fut cette fois défaite et sur le point d’être écrasée lorsque finalement la Paix de Montpellier fut signée avec les Protestants, le 18 octobre 1622, alors que le combat naval se déroulait encore. Le traité de paix confirma l’édit de Nantes et entraîna la fin du siège, augmentant le prestige de la ville, qualifiée de « ville imprenable ».

 Cependant, seules La Rochelle et Montauban restaient des places fortes huguenotes.

En 1625, les hostilités reprirent. Le 1er décembre 1625, Richelieu lança la construction d’une circonvallation de 12 km autour de La Rochelle, armée de 11 forts et 18 redoutes, dont le Fort-Louis et le Fort de Marillac, placés de part de d’autre de la baie de La Rochelle.

Le 5 février 1626, la paix de La Rochelle fut signée, et renouvela la paix de Montpellier. La ville acceptait de recevoir un commissaire royal et de rendre aux Catholiques les biens qui leur avaient été pris, en échange de quoi le roi s’engagea à détruire le Fort-Louis, qui faisait peser une menace permanente sur la ville et ses accès maritimes et terrestres. Cependant, le cardinal de Richelieu refusa d’honorer cet engagement.

Richelieu continua donc la construction de la ligne de fortifications.

Le « Grand siège » dura du 10 septembre 1627 au 28 octobre 1628.

Le secteur pérignacien et ses environs immédiats comprenait les forts de Beaulieu, des Salines (situé à l'emplacement de la future zone industrielle) et de la Moulinette, gardé par le régiment de Fougerais, les redoutes du "Lozange", de Rompsay et des Grolles.

C'est à Périgny que le maréchal Henri de Schomberg, ancien surintendant des finances, s'installa avec son régiment de Chapes.

La propriété de Coureilles qui, pendant quelque temps, avait abrité le quartier général du duc d'Angoulême semble avoir été endomagée par ce casernement des troupes. Est-ce pour cette raison ou pour cause de vétusté que le château fut ensuite reconstruit  dans un style d’inspiration Louis XIII ? Le siège fut long et les victimes nombreuses, tant du côté rochelais (la population passa de 18 000 à 5500 habitants) que de celui de l’armée royale.

Dernière des guerres de religion, « la guerre de La Rochelle », aussi appelée « grand siège »,  se conclut en octobre 1627 par la victoire des catholiques et l’édit « de grâce » d’Alès qui en 1629 supprima les clauses militaires de l’Édit de Nantes de 1598.

Un épisode savoureux du siège fut par ailleurs initié à Périgny 

La défaite de La Rochelle sonna le glas des espérances protestantes et Louis XIV par la suite,  n’eut de cesse  de défaire ce qu’avait fait son grand-père Henri IV. L’édit de Nantes fut révoqué le 18 octobre 1685. 2 à 300 000 protestants émigrèrent alors, beaucoup d’autres abjurèrent officiellement.

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