La genèse de l'école de Rompsay

Une école à Rompsay ?

C’est, semble-t-il, en 1937, que, pour la première fois, l’implantation d’une école à Rompsay fut débattue au sein du conseil municipal de Périgny composé d’Ernest Audouin,  Jean Auneau, Henri Bougeois, Charlot, Camille Chevrier, Jean Chevrier, Édouard Damour – le maire - Paul Delabarre, Alphonse Fontaine,  Maurice Gapail, Victor Hurtaud, Mesnier, Maurice Suire, Ernest Ploquin,  Tournade. Les édiles pérignaciens reçurent même à cette occasion l’appui de René Armand Château, professeur de philosophie au lycée de La Rochelle et élu l’année précédente député de la Charente Inférieure, lequel se proposait de pousser à la roue en haut lieu, grâce à sa participation à la Commission de l’éducation, à l’Assemblée Nationale.

Il faut dire que la rentrée scolaire s’était faite en Octobre 1937 avec 90 élèves à Périgny et il était prévu d’en avoir plus de 100 à Pâques 1938. Ce qui deviendrait vite intenable pour une école à 2 classes !

L’emplacement  ambitionné pour la construction de cet établissement se situait rue des Gonthières, face à la propriété de Monsieur Mesnier.

Premières tergiversations

Une classe enfantine avait déjà été créée en cours d’année à Périgny, mais il allait falloir trouver un local pour l’ouvrir. Le maire envisageait de transformer le préau de l’école de Périgny en classe. L’adjoint, Jean Auneau, lui,  aurait préféré une ouverture à Rompsay, mais le maire trouvait que ce serait moins cher à Périgny. Bref, et c’est un euphémisme, la solution de ce problème ne faisait pas l’unanimité au sein de la Municipalité.

Une offre de vente existait bien, il s’agissait de la maison Bigat, mais 60 000 francs d’achat et 40 000 francs de travaux malgré son état annoncé comme bon, l’existence dans la propriété de deux puits et de nombreuses dépendances, c’était cher et le conseil hésitait.

L’année suivante, hélas, en 1938, lorsque le ministère accepta la création d’une école à 2 classes à Rompsay, la maison Bigat avait déjà été vendue et pour faire face aux « exigences » de l’administration, qui souhaitait une cour pour l’école, l’inspecteur demandant par exemple l’acquisition du jardin Toucheteau pour compléter la maison Bigat et des modifications au plan initial, c’était à une dépense de 300 000 F qu’il aurait fallu consentir. Le conseil allait donc examiner d’autres pistes. Il semblait toujours urgent d’attendre. Un avant projet avait pourtant été demandé à l’architecte Blanche.

En 1939, On prévoyait 40 nouveaux élèves à Rompsay à cause de la surcharge des écoles rochelaises. C’est que, depuis fort longtemps, de nombreux élèves pérignaciens –de 20 à 40 suivant les années-  étaient inscrits dans les écoles de La Rochelle (ce ne fut en effet qu’en 1963 que le ministre Christian Fouchet instaura la « carte scolaire » et qu’un « secteur scolaire » fut donc attribué à chaque école, obligeant les élèves des écoles publiques à s’inscrire dans l’école de leur secteur). Depuis longtemps aussi, le maire de La Rochelle se plaignait de devoir payer les fournitures scolaires à ces enfants, ce qui représentait déjà 1000 francs en 1929 pour 20 élèves. Il fallait donc « faire quelque chose » !

L’avant projet pour la construction de 2 classes fut approuvé pour une dépense d’environ 900 000 F.

 

Valse d’hésitations

 Dans l’immédiat, M.Charlot, conseiler municipal,  proposa, en attendant la construction,  de louer une maison pour en faire une école provisoire.La location de la maison Rigoire était envisagée mais le propriétaire refusa. M. Trentini – entrepreneur à  Rompsay - proposa sa maison etdemanda 14 000 francs par an avec bail minimum de 10 ans. Le maire en proposa 6 000. Le propriétaire rompit les pourparlers.M. Gatignol, sollicité refusa de louer. Monsieur le maire proposa ses propres locaux, mais des travaux étaient à faire. Quant au projet de construction, le Conseil Municipal décida d’y surseoir, jusqu’à nouvel  ordre.

 En septembre 1939, M. Rigoire offrit à nouveau son local. Il demandait 8 000 F annuels et un bail de 10 ans. Le Conseil Municipal offrit de payer 7 000 francs et de prendre les travaux à sa charge. L’immeuble Rigoire s’avèrant délabré, les travaux d’amènagement s’élevèraient à 8 000 F.La décision n’était toujours pas prise.

Et si on louait quand même ?

En janvier 1940, les parents, qui s’impatientaient, firent circuler  une pétition à Rompsay pour hâter l’ouverture de l’école. Les élus municipaux décidèrent alors de trouver les ressources nécessaires au paiement du loyer et, après l’intervention en Conseil Municipal du notaire Tabard, des réparations qui semblaient indispensables. Ceci au grand dam du maire, Édouard Damour, qui, bien que déniant toute influence à la pétition sur l’accomplissement du projet, estimait qu’en manifestant la hâte des habitants, on avait mis la pression sur le Conseil Municipal et on l’avait contraint à accepter des conditions très désavantageuses.

 Les travaux d’aménagement s’élevèrent à 7 380,83 francs, les honoraires du notaire Tabard étaient de 898,50 francs, le total des frais se montant à 16 000 francs environ sans compter les 10 000 F de frais annuels pour location et entretien.

Mais Rompsay avait enfin son école à 2 classes, louée en attendant mieux.

     L’ancienne école de Rompsay

Guerre, Occupation, Libération, Reconstruction… Les temps étaient difficiles et cette situation perdura quelques années. La commune se contentait de  louer une maison à  Rompsay pour son école, et le nouveau conseil municipal, issu des élections du 6 octobre 1945 : Norbert Orgeron, Édouard Damour, qui restera maire, Émile Damour, Hilaire Tournade, Lucien Delabarre, Lucien Boudeau, Roland Delaunay, Maurice Gapail, Georges Benet, Hilaire Simonneau, Clément Rogeon, Alphonse Fontaine, ne changea rien à la situation.

D’autres élections eurent lieu le 19 octobre 1947 et désignèrent comme conseillers Messieurs Norbert Orgeron, Édouard Damour, toujours maire, Hilaire Simonneau, Hilaire Tournade, Émile Damour, Emmanuel Suire, André Fontaine, Maurice Gapail, Albert Bluteau, Lucien Boudeau, Lucien Delabarre, Charles Larmet et Christian Boutet. Rien ne fut entrepris non plus dans un premier temps.

Mais, en 1949, Monsieur Rigoire, le propriétaire,  ne voulut pas renouveler le bail de sa maison. Il adressa un congé à la commune par voie d’huissier. Il était temps de revenir au projet de construction.

D’autant plus que le conseil municipal ayant décidé en février 1950 la gratuité des fournitures scolaires pour les élèves de la commune, on pouvait s’attendre à accentuer les effets du baby boom et donc à une affluence record dans les écoles de Périgny.

Le projet Grizet

Le 24 juin 1950, M. Pierre Grizet, architecte, présenta au Conseil Municipal un projet de construction, aussitôt adopté, ainsi que les devis.

« Le terrain envisagé est situé à Rompsay, sur la route venant de La Rochelle et allant à Bourgneuf. Il est situé à main gauche en allant à Bourgneuf. […] Il est actuellement occupé par des cultures… Le sous-sol est composé de roches calcaires sur une grande épaisseur recouverte d’une légère couche d’humus. […] L’eau potable devra être obtenue par le forage d’un puits […] on peut espérer trouver une eau saine et en quantité suffisante à 15 ou 16 mètres de profondeur. […]

 Les principaux matériaux à employer sont ceux en usage dans la région soit : maçonneries de moellons de pays ou de Saintonge, pierres de taille de Poitou et Charentes. Tuiles de Roumazières, chaux de Nieul, menuiserie et charpente en chêne ou sapin. Plâtres de Cognac.

 En raison de la situation du terrain (surrélévation), l’accès se ferait par une rampe dans l’axe du terrain. Cette rampe permettrait l’accès aux voitures…

Les cours de récréation se trouveraient de chaque côté de la rampe d’accès. Elles seraient abritées en partie des vents du nord par la construction. Elles seraient plantées de tilleuls.  Leur surface serait de 1200 m2 environ. […]

 Derrière le batiment se trouveraient les jardins scolaires et le jardin de l’Instituteur.

Les bâtiments scolaires comprendraient :

 Au centre, un réfectoire de 60 m2, carrelé, servant aussi de vestibule pour les classes. Donnant sur ce réfectoire, se trouveraient un lavabo et la cuisine du réfectoire.

 De chaque côté de ce réfectoire, se trouveraient les classes de 40 élèves chacune, sol carrelé et éclairées par de grandes baies.

Adossés à la suite de chacune des classes, les préaux couverts de 80 m2 chacun. Sol cimenté.

Les WC se trouveraient dans les cours. Chaque groupe d’élèves (garçons et filles) ayant son WC séparé.

 Le logement de l’instituteur se trouverait à l’étage. Son accès se ferait par un accès situé à côté de la cuisine. Il comprendrait 2 pièces de 3,30m x 4,50m, une pièce de 3m x 3m, une cuisine carrelée de 2m x 3m, une galerie de distribution, un WC particulier et en annexe une petite buanderie, en outre, en sous-sol, une cave. Les cours seraient clôturées par des barrières en ciment armé …

Estimation totale 600 000 francs ».

En décembre  1950 on apprit que le Conseil général avait attribué le n°23 au projet de Rompsay, ce qui signifiait que ce projet faisait partie des travaux subventionnables par le département. Le Conseil Municipal fit appel au Crédit Foncier de France. La construction allait pouvoir commencer, elle durera encore quelques années.

Construction

 On sut en 1954, que Le groupe scolaire de Rompsay allait coûter 18 642 698 F dont 2 796 406 F à la charge de la commune. Le Conseil Municipal décida d’emprunter 2 796 000 francs à la Caisse des dépôts et consignations à 6%.

En mars 1956, il ne restait plus qu’à s’occuper du mobilier : On acheta 3x18 tables doubles à dessus chêne, 3x36 chaises, 3 bureaux et 3 fauteuils, 2 bibliothèques à portes pleines. C’était qu’en effet, des 2 classes primitivement envisagées, on était passé à 3.

Ouverture

Finalement, l’inauguration eut lieu en novembre 1956.

Il avait donc fallu presque 20 ans pour concrétiser le projet d’une école à Rompsay. C’était un progrès, puisqu’il en avait fallu presque quarante, entre 1833 et 1870 pour en construire une à Périgny (pose de la première pierre le 1er mai 1870).

Cette année là, Rompsay comptait 14 enfants nés en 1954, 20 en 1953, 13 en 1952 et 26 en 1951, aussi le conseil municipal réclama-t-il l’ouverture d’une classe maternelle à Rompsay.

 

 

Commentaires (1)

1. rompsay 17/11/2015

L'école de Rompsay (nouvelle en 1956) comptait 3 classes :
CP Mme HOBARD
CE1 CE2 Mme FORGET
CM1 CM2 M FORGET directeur

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