Première pierre

Le 1er mai 1870, le Conseil municipal au grand complet, Monsieur le maire, Henri Paraud , Monsieur l’adjoint au maire, Gabriel Auger , Messieurs les  conseillers, Louis Martin , Auguste Chévrier , Louis Damour , Isidore Lebiguais, Dupont , Jean Damour-Pouvreau , Perrier aîné, Pierre Suire, l’instituteur Monsieur Chabot et le curé,  l’abbé Brochet, étaient conviés à un très matinal rendez-vous (à sept heures du matin) pour assister à la cérémonie de la pose de la première pierre des bâtiments communaux, mairie et école.

À cette occasion, M. Henri Paraud, architecte de son état, maire de Périgny depuis 12 ans (16 janvier 1858), s’adressa aux personnalités ainsi réunies. Il évoqua les nombreuses difficultés qu’avait rencontrées la Municipalité pour commencer la construction de l’école communale.

 En effet, la première intention de cette réalisation remontait à plus de 25 ans, à l’époque du maire Nicolas Millet, dans les années 1840. Il était alors question de racheter pour 5000 francs la maison de l’instituteur, M. Chabot, sise place de la Chaume. Il la louait alors à la municipalité 100 francs annuels et c’était toujours le cas en 1870 pour 150 francs annuels. En l’absence de toute subvention, l’affaire n’avait pu être menée à bien.

Et puis, bien que Périgny par la voix de son Conseil Municipal, ait renoncé au projet de construction d’une nouvelle église et d’un nouveau presbytère, depuis 1849, il fallait assurer les réparations de l’ancienne l’église et de l’ancien  presbytère, fort malmené par le prédécesseur du curé actuel, l’abbé Chevalier, avec qui la municipalité avait été si longtemps en conflit, allant jusqu’à payer un avocat..

Réuni en séance extraordinaire le 4 avril 1859, le Conseil municipal de Périgny, assisté des plus imposés, avait cependant décidé le principe d’un emprunt de 20 000 francs, destiné à financer la construction de deux maisons d’école avec logement pour l’instituteur et l’institutrice, d’une mairie et d’un terrain approprié à sa construction, et à celui devant être approprié à la création d’une école d’expérimentation pour l’agriculture, la viticulture et l’arboriculture. Et en effet, le 8 décembre 1868, son Excellence le Ministre de l’Instruction publique octroyait 6 000 francs d’aide à la commune de Périgny en vue de la céation d’une école d’expérimentation en agriculture. Mais la commune ne possédait  toujours pas d’école primaire.

Ce ne fut que  le 23 janvier 1870, que le Conseil Municipal prit connaissance de la subvention de l’État de 10 000 francs destinée à créer deux écoles spéciales à Périgny, c’est-à dire une école de garçons et une école de filles.

Quelques jours plus tard, dès février 1870, fut ouverte une carrière de moellons sur le terrain acquis par la mairie  pour la construction de l’école, le long de la route de La Rochelle.

Henri Paraud pouvait prononcer son discours :

« Nous voici donc réunis, mes chers concitoyens,…. »

La première pierre fut placée « dans le socle gauche de la façade de la mairie, première assise, côté de la classe des filles ».

Ce fut alors au tour du curé, l’abbé Brochet, de bénir la nouvelle construction et d’en profiter pour ajouter quelques mots sur l’utilité d’une école et d’une mairie, ainsi que sur la nécessité de l’entente entre les citoyens.

 Le Conseil Municipal  ne se sépara en cette radieuse journée de printemps, qu’après avoir décidé qu’une plaque en bronze serait fixée à la façade de la mairie. On y inscrirait le nom des Conseillers municipaux actuels et des personnes présentes à la cérémonie. 

On ne sait pas ce qu’est devenue cette plaque !

Aucune photographie n'ayant immortalisé la cérémonie, on ne sait pas non plus si les participants portaient l'habit des conseillers rendu obligatoire dans les cérémonies publiques par Napoléon III : "Habit bleu, broderie en argent, branche d’olivier au collet, parements* et taille, baguette au bord de l’habit ; gilet blanc ; chapeau français à plumes noires, ganse brodée en argent ; épée argentée à poignée de nacre ; écharpe tricolore, avec glands à frange d’or." 

 

Voici la transcription du compte-rendu de cette journée tel qu’il apparaît dans le registre municipal de Périgny : 

« L’an mil huit cent soixante dix, le premier mai, à sept heures  du matin, le Conseil Municipal s’est réuni sous la présidence de Monsieur Henri Paraud, Maire, pour procéder à la pose de la première pierre des bâtiments comunaux. Après quelques mots adressés à Messieurs les Conseillers par Monsieur le Maire, leur rappelant les diverses formalités qui ont du être remplies pour arriver à l’exécution desdits travaux ; les secours et encouragements qui ont été accordés  par l’État ; la pose de la première pierre a été faite, et placée dans le socle de la façade de la Mairie, 1ère assise, côté de la classe des filles ; Monsieur le Curé assistait à cette fête de famille, nous a fait l’honneur de bénir nos constructions et par quelques bonnes paroles qu’il nous a adressées, il nous a rappelé l’utilité de ces constructions et a désiré que la bonne harmonie qui n’a cessé de régner entre nous continue. Après quoi nous nous sommes réunis à la mairie où nous avons décidé qu’une plaque en bronze, sur laquelle le nom des conseillers municipaux actuels et ceux des personnes présentes à la cérémonie seraient gravés et fixée à la façade de la Mairie.

De tout quoi nous avons dressé la présente et l’avons signée.G.Auger, adjoint ; L.Damour ; L’Abbé Brochet, curé de Périgny ; Perrier Aîné ; P.Suire ; Chabot, Instituteur communal ; L. Martin ; Auguste Chevrier ; Lebiguais ; »

 

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