Jean et Antoine Couraud

 Les fins extravagantes et cruelles de Jean Couraud, son père et sa veuve.

 

« Périgny Accueil », reprenant une indication de « Châteaux Manoirs et Logis, La Charente Maritime » Vol 1, Editions patrimoine et médias 2008, nous explique : « La tradition veut que le château de Coureilles date de 1395. En réalité, il doit son nom à Jean Courault (sic) qui le fit bâtir vers 1540. »

Mais ce gaillard là aurait été, à sa mort en 1607, âgé d’au moins 87 ans (possible mais peu probable au vu des circonstances de sa mort, voir ci-après), s’il avait fait construire le château en 1540 ! À moins qu’il n’y ait eu confusion entre Jean et Antoine Couraud, son père. S’il l’a fait construire, ce fut peut-être vers 1600 mais aucun document ne corrobore cette supposition. Tout ce qu’on peut affirmer, c’est que le château existait en 1607.

  En effet, le diaire de Merlin, pasteur de La Rochelle, et celui de Joseph Guillaudeau, avocat au présidial de La Rochelle l’affirment : Jean Couraud, baron de Châtelaillon, décéda d’un coup d’épée le 31 août 1607 à Virson (Archives historiques d’Aunis et de Saintonge). Il fut blessé à mort, le 30 août, sur les 8 à 9 heures d’un coup de sa propre épée qui lui traversa l’aine gauche et il mourut le lendemain sur les 2 à 3 heures du matin, après avoir fait don de son épée à Louis, fils de la Chosselière et seigneur des Granges. Pourquoi ce duel ? On l’ignore, deux pages manquant au diaire de Merlin précisément à cet endroit. Mais le récit de la bataille vaut d’être retranscrit :

« Le sieur Baron (Jean Couraud-NDLR) alla trouver le sieur Desgranges et le provoquer au duel sur quelques paroles qu’on avait rapportées audit baron avoir été prononcées par ledit Desgranges contre l’honneur dudit baron. Ledit Desgranges s’excuse, refuse et promet de lui faire telle satisfaction que de raison ; étant poussé, il allègue qu’il n’a point d’épée de duel comme lui. Ledit Baron lui répondant que c’était exception de mauvais payeur, luy baille la sienne et prend celle dudit Desgranges, et comme ils eurent la main à l’épée, ledit Baron lui donne un coup d’estramasson sur le visage et un autre sur le bras, et comme le pied vint à faillir audit Baron, Desgranges prend son temps et lui baille un coup d’espée, duquel il lui coupa six ou sept boyaux. »

 

 À sa mort, son corps et celui de son père, Antoine Couraud, (avec lequel il cogérait sans doute la baronnie, on le sait par d’autres sources –Mais comment et pourquoi sont-ils morts en même temps, cela reste un mystère ! -, ont été transportés de Virson en sa maison de Périgny avant d’être emmenés (presque huit jours plus tard), dans des brancards recouverts de noir et accompagnés de 100 chevaux, pour être enterrés à Saint-Sauveur (La Rochelle) le 8 septembre 1607. Sa veuve, Anne Marchant, ne fut pas longtemps inconsolable, puisqu’elle accoucha d’une fille nommée Anne, le 19 mai de l’année suivante (1608) et qu’elle se remaria le 19 ou 20 octobre 1608 avec Constant d’Aubigné, seigneur de Surineau, fils du célèbre Agrippa d’Aubigné. Constant d’Aubigné assassina Anne Marchant à l’hôtellerie du Cygne, à Niort, dans le lit de son amant, Monsieur de la Laisse, en 1619. Il se remaria avec Jeanne de Cardillac en 1627 avec qui il eut une fille, Françoise d’Aubigné, laquelle se maria avec Scarron et devint Madame de Maintenon, future épouse de Louis XIV.

 

 L'actuel Château des Granges à Virson  date du XVIIIème siècle. C'est près de là que le sieur de la Chausselière a tué Jean Couraud

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